AUTOMNE TARDIF DANS LA METROPOLE

 

Encore de la brume. Alors qu’il y en a déjà eu. Hier. Et avant cela. L’humidité assiège les yeux, ronge les linéaments de l’âme, le chant absurde des corbeaux qui survolent un troupeau d’automobiles et parfois se posent sur le toit d’un autobus vacillant la trouble. Bientôt ce canasson halète, annonce d’un coup de sirène sa priorité. Le vent brise le parapluie, le givre bleuté s’évapore des sourcils, point une autre larme. Mais la pensée qu’au coin de la rue une main invisible va emporter tout ça met du baume au cœur. une feuille jaune à la spectrale apparence survient et tombe sur la paume. Les lampadaires tôt s’allument, tôt s’emplissent les cafés, tôt bien que tard pour qu’on entreprenne quoi que ce soit.

 

 

Traduit du serbe par Boris Lazić