Mardi 28 février 2017 de 17h à 19h, Cycle «Paroles de créateurs» : Une parole en son lieu, Rencontre avec le poète indonésien Acep Zamzam Noor
animée par Etienne Naveau

 

Mardi

 

28 février 2017 de 17h à 19h

 

Amphi 8

Inalco

 

65 rue des Grands moulins

 

75013 Paris

 

 

 

 

Responsable :

 

Étienne Naveau

 

Contact :

Né en 1960 à l’ouest de l’île de Java, Acep Zamzam Noor est un poète mondialement connu et reconnu, notamment à travers les traductions anglaise, allemande, néerlandaise, portugaise, japonaise, coréenne et arabe de son œuvre. Il vient d’être traduit pour la première fois en français (Ailleurs des mots, trad. Étienne Naveau, Presses Sorbonne Nouvelle, 2016). Cet artiste multi-facette est également peintre et directeur d’un de ces instituts d’enseignements islamiques généralement situés en zone rurale, les pesantren, qui prirent le relai des anciens ermitages bouddhistes. Autant dire que son œuvre poétique, dont la densité rappelle celle d’autres poètes indonésiens (tels Chairil Anwar, Sapardi Djoko Damono et Soni Farid Maulana), mais peut aussi faire écho à quelques grandes figures internationales de la poésie contemporaine, est marquée par cet enracinement à la fois géographique et spirituel qui fait de la parole poétique une parole à la fois incarnée et habitée.

 

C’est en poète qu’Acep habite les superbes paysages de sa région natale et s’interroge sur l’énigme du monde, de l’humble présence des choses de la nature, de la feuille de bananier au papillon, à l’atmosphère étouffante des villes tentaculaires. Mais la poésie lyrique d’Acep ne se complait nullement dans la familiarité du sol natal. Elle est, dit-il, « chasse à l’altérité », sous la double figure de l’être aimé et de Dieu. S’inscrivant dans une longue tradition, à la fois locale et universelle, de poésie amoureuse et mystique, la poésie d’Acep Zamzam Noor revêt aussi par là même une dimension quasi-métaphysique. À la croisée de l’être (ada) et du non-être (ketiadaan), de la présence et de l’absence, les poèmes d’Acep Zamzam Noor nous incitent à nous interroger sur les limites du langage, en donnant

 

« langue au néant » et voix au silence.