Critiques

Jean-Pierre LEMAIRE : Le pays derrière les larmes

 

Le dernier opus de Jean-Pierre Lemaire est arrivé avec les premières violettes et un goût de miel retrouvé au sortir de l’hiver. Comme les cadeaux que nous offrons sont souvent ceux que nous souhaiterions pour nous-mêmes, nous pouvons penser que ce choix est composé des poèmes les plus chers à leur auteur.

BAUDELAIRE : Fusées, Mon cœur mis à nu et autres fragments

Voilà une édition admirable en tout point, documentée, précise, fouillée, scrupuleuse, qui donne toutes les informations nécessaires pour aborder ces fragments d’un livre seulement « rêvé », sans se lancer dans des interprétations forcées et réductrices, telles qu’il en existe beaucoup.

Céline ESCOUTELOUP : Le Soleil dans la Bouche

 

 

Céline Escouteloup n'a pas que du soleil dans la bouche. Elle a aussi des étoiles. Et le goût du sang de la vie, uni pour déborder au goût du sang de la mort. Voilà une poésie qui cherche des accords entre l'univers et le regard, entre la chair et les confins. Le haut et le bas, les mots qui vont ou non les lier ; cette tension-là pour que le vers advienne.

Elie-Charles Flamand, La vigilance domine les hauteurs

 

Les poètes, aujourd'hui, sont des êtres de catacombes. La figure du poète maudit, héritée du XIXème siècle, semble être un archétype que la première moitié du XXème siècle, avant la dépréciation orchestrée par la culture, aura su conjurer.

peinture d'Obeline Flamand

Epouse et muse du poète, Obeline Flamand peint depuis environ 40 ans. Elle a participé à de nombreuses expositions, notamment à la Galerie 1900-2000 à Paris et aussi à la Biennale de Venise en 1986.
De nombreuses préfaces et articles ont été publiés sur son oeuvre par des critiques et écrivains : Jean-Clarence Lambert, Edmond Humeau, Simonomis, Robert Amadou, Jean-Pierre Bayard, etc.

© Obeline Flamand

On n’en a jamais fini de pénétrer le microcosme d’un tableau; souvent, la méditation fait apparaître maintes composantes qui, jusqu’alors, vous avaient échappé.

E.C. F.

(cette citation et la suivante sont tirées du site d'Obeline Flamand)

© O. Flamand

Obéline ne s’attarde pas à décrire les apparences, ni à les décanter. D’emblée, elle entre dans le jeu des puissances créatrices qui pétrissent harmonieusement la substance primordiale du monde. Obéissant à la rythmique même de l’univers, elle trace des lignes de force qui sont lignes de vie et y coule la « materia prima ». Celle-ci, durant les métamorphoses que l’artiste va lui faire subir, s’irisera, comme dans le Grand Œuvre, des plus subtiles couleurs.

Elie-Charles Flamand, "La part d’outre-dire"

Je lis Flamand depuis nombre d’années. Un poète que l’on rencontre comme une évidence en différents moments de son existence. J’ai rencontré son œuvre par l’entremise de l’écrivain et poète Marc Kober. Belle rencontre. En plongeant dans l’œuvre poétique de Flamand, le lecteur s’engage dans plus de poésie comme l’on disait autrefois « plus de réel ». C’est une plongée dans l’œuvre au sens alchimique du terme que le poète édifie, une Œuvre donc, que les mots n’expliquent pas, n’exposent pas. Ils ne font que rendre compte – du cheminement.

Sabine Huynh : Kvar lo

 

« On ne peut pas écrire sans la force du corps »1

Dernière nuit en enfer, théâtre d’après Rimbaud

 

 

Lumière.

Un homme nu se dégage d’un long suaire de soie noire. Un homme ? Une embarcation de vers et de phrases ; nous sommes au théâtre. Le bateau ivre est léché par les vagues funèbres de l’hôpital de Marseille.

Béatrice LIBERT : L'Aura du blanc

 

Béatrice Libert, auteure belge, ayant reçu en 2014 le Prix Jean Kobs de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, pour son recueil poétique Écrire comme on part, vient de publier aux éditions Le Taillis Pré L'aura du blanc.

André GACHE : Dogons, Emme Wobo

 

A travers une étude ethnographique, l'auteur nous livre la « matière » parole, celle qui est souple, qui évolue, s'échange et se modifie en fonction des interlocuteurs et du temps, matière volatile, eut égard d'abord à la tradition orale africaine, formant un groupe, voire des sociétés qui partagent un univers commun.

Pages