Critiques

Guido Furci : Asinus in fabula

 

« Le cousin de Marion s'appelait Nicolas ». L'incipit de ce long poème composé comme un chant ou une ritournelle, se découpe en quatre parties de 24 strophes, séparées en deux groupes par un intermède-une fable en italien.

Philippe Mathy : Les Soubresauts du temps

Ce recueil, qui commence par une section « Cendres » et se place sous les auspices de Henri Thomas, est un livre de poésie tranquille, avec une dimension autobiographique et une dimension de présence au monde plus universelle, chacune étant comme le calque de l’autre. C’est un itinéraire fait de brefs poèmes en prose, qui part des souvenirs de l’enfance émergeants dans l’hiver présent, qui se poursuit avec l’évocation (très elliptique) d’un amour en Cornouaille (p.

Dominique Zinenberg : Fissures d'été,

 

Dès le début du recueil la succession des haïkus se caractérisent par une énumération de faits réels et poétiques, avec comme sujets animés le " tu " et " les amants ", qui organise le récit jusqu'à sa conclusion. On se réjouit des apostrophes atténuées – il en est d'ailleurs ainsi pour le lyrisme dans l'ensemble du texte - par le travail délicat sur les sons. Avec leur aide les strophes sont transformées en autant d'appels sincères et chaque haïku est comme une perle d'un collier de larmes.

Thierry Jolif, Internelle ardence

 

Des géographies de tremblements.

Un garçon a écrit un jour : Le vrai voyage, c'est d'atteindre le point de non-retour. Et puis de revenir. 

Le viatique (Philippe Jaccottet)

 

Pourquoi celui-ci plutôt qu’un autre ? Un poème comme une page de journal : — « Agrigente, 1er janvier » —, qui parlait de pluie, des mille épines de la pluie.

Fil de lectures de Philippe Leuckx. Autour de Guillevic, Sesé et Damon.

 

Quand Guillevic tutoie les éléments, Sesé les toiles de maîtres, Damon les objets, les étoiles…

 

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Laure Cambau : Ma peau ne protège que vous

 

Je pense que personne n’écrit comme Laure Cambau, avec la fantaisie de Laure Cambau, la maitrise de Laure Cambau, la liberté, la jubilation, le désordre exubérant de Laure Cambon, la profondeur sereine, la cravache du mot juste, la joie, les larmes, et, en tout cela, bien plus encore, la proximité de chaque seconde poétique, qui vient cueillir l’onirisme décalé du lecteur. Je pense, donc, que peu de poètes, aujourd’hui, atteignent à cette vérité-là.

Fil de lecture de Denis Heudré - voyage entre le fleuve, l'espace et l'Islande

 

 

François Graveline - Les oiseaux du petit fleuve

 

Puisque la naissance est un envol, puisque le désir et la mort aussi, chercher une explication dans le vol des oiseaux. « Un oiseau passe / la vie aussi // tu n'en sais pas plus / sur elle que sur lui. »

Bruno Doucey : "Si tu parles Marianne"

 

Par-delà l’espace et le temps, le narrateur auteur Bruno Doucey, parle de et à Marianne Cohn. Il est, le mot n’est pas de trop, en communion avec elle. Il nous livre son admiration, son amour pour cette jeune femme, attiré qu’il est par sa personnalité. Cette biographie entre imaginaire et réalité est une œuvre de mémoire qui nous rappelle les valeurs fondamentales du vivre ensemble. Cette jeune juive née en 1922 en Allemagne les incarne.

James Noël, "Cheval de feu"

Ce volume du poète et acteur haïtien peut difficilement ne pas faire impression. Il a une force puisée dans les vécus violents et les révoltes morales et physiques de son pays d’origine, et il a le sens de la parole publique, celle qui parle fort au milieu de la place, au milieu de la rue (comme dansent ces danseurs de l’image de couverture, sur les gravats d’une rue d’après le tremblement de terre, sans doute).

Denise Borias : "Signes de vie"

 

Ce recueil-ci serait à commencer par la fin, plus forte, et qui, de sa lumière, renforce alors celle du début. C’est une méditation sur la mort, l’espérance de renaissance en ce monde, qui donne sens au processus de transmission, de division cellulaire et de parturiation initiale.

Jean-Pierre Védrines : "Ma nuit est ici"

 

Vous ne me croyez pas, docteur Buck, si je vous dis que Rimbaud a longtemps lutté contre les sorciers abyssins. Ne cherchait-il pas à découvrir le secret des origines du Paradis sur la feuille du latanier ? Chaque fois que vous parlez de me guérir, cher docteur, c’est comme si vous me plantiez un coup de couteau en plein cœur.

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