Critiques

Le viatique (Philippe Jaccottet)

 

Pourquoi celui-ci plutôt qu’un autre ? Un poème comme une page de journal : — « Agrigente, 1er janvier » —, qui parlait de pluie, des mille épines de la pluie.

Fil de lectures de Philippe Leuckx. Autour de Guillevic, Sesé et Damon.

 

Quand Guillevic tutoie les éléments, Sesé les toiles de maîtres, Damon les objets, les étoiles…

 

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Laure Cambau : Ma peau ne protège que vous

 

Je pense que personne n’écrit comme Laure Cambau, avec la fantaisie de Laure Cambau, la maitrise de Laure Cambau, la liberté, la jubilation, le désordre exubérant de Laure Cambon, la profondeur sereine, la cravache du mot juste, la joie, les larmes, et, en tout cela, bien plus encore, la proximité de chaque seconde poétique, qui vient cueillir l’onirisme décalé du lecteur. Je pense, donc, que peu de poètes, aujourd’hui, atteignent à cette vérité-là.

Fil de lecture de Denis Heudré - voyage entre le fleuve, l'espace et l'Islande

 

 

François Graveline - Les oiseaux du petit fleuve

 

Puisque la naissance est un envol, puisque le désir et la mort aussi, chercher une explication dans le vol des oiseaux. « Un oiseau passe / la vie aussi // tu n'en sais pas plus / sur elle que sur lui. »

Bruno Doucey : "Si tu parles Marianne"

 

Par-delà l’espace et le temps, le narrateur auteur Bruno Doucey, parle de et à Marianne Cohn. Il est, le mot n’est pas de trop, en communion avec elle. Il nous livre son admiration, son amour pour cette jeune femme, attiré qu’il est par sa personnalité. Cette biographie entre imaginaire et réalité est une œuvre de mémoire qui nous rappelle les valeurs fondamentales du vivre ensemble. Cette jeune juive née en 1922 en Allemagne les incarne.

James Noël, "Cheval de feu"

Ce volume du poète et acteur haïtien peut difficilement ne pas faire impression. Il a une force puisée dans les vécus violents et les révoltes morales et physiques de son pays d’origine, et il a le sens de la parole publique, celle qui parle fort au milieu de la place, au milieu de la rue (comme dansent ces danseurs de l’image de couverture, sur les gravats d’une rue d’après le tremblement de terre, sans doute).

Denise Borias : "Signes de vie"

 

Ce recueil-ci serait à commencer par la fin, plus forte, et qui, de sa lumière, renforce alors celle du début. C’est une méditation sur la mort, l’espérance de renaissance en ce monde, qui donne sens au processus de transmission, de division cellulaire et de parturiation initiale.

Jean-Pierre Védrines : "Ma nuit est ici"

 

Vous ne me croyez pas, docteur Buck, si je vous dis que Rimbaud a longtemps lutté contre les sorciers abyssins. Ne cherchait-il pas à découvrir le secret des origines du Paradis sur la feuille du latanier ? Chaque fois que vous parlez de me guérir, cher docteur, c’est comme si vous me plantiez un coup de couteau en plein cœur.

Roger Gilbert-Lecomte : La Vie l’Amour la Mort le Vide et le Vent et autres textes.

 

La collection « Poésie / Gallimard » vient opportunément de rassembler les plus importants textes théoriques et poétiques de Roger Gilbert-Lecomte. Le choix en est dû à Zéno Bianu et le texte enthousiaste d’Antonin Artaud publié dans le n° 255 de la NRF après la parution de La Vie l’Amour la Mort le Vide et le Vent en 1933 sert de préface à l’ensemble. Une chronologie et un dossier accompagnent les textes.

Denis Heudré : Bleu naufrage - élégie de Lampedusa

 

Au vu de l'actualité angoissante concernant les migrants, j'ai été tentée de reporter l'étude du recueil de Denis Heudré concernant le drame de Lampedusa du jeudi 3 octobre 2013 mais je me suis rappelée le numéro " Quinze" porté par un petit cercueil et lu dans un extrait et il m'a semblé impossible de ne pas, moi aussi, lui rendre hommage rapidement.

Jean-Marc Proust, Insurrection de l'ordinaire

 

Jean-Marc Proust vient de publier aux éditions Rafael de Surtis L’Insurrection de l’Ordinaire. Cet ordinaire qui s’insurge, pardon cet Ordinaire majuscule, se lit tout d’abord dans un bel objet, un ouvrage illustré de 6 encres de Joële Fontaine, relié d’un fil, couverture marbrée. Objet que l’on aime toucher, caresser, feuilleter, sentir du bout des doigts tout en lisant, calmement.

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