Critiques

Jean-Claude Tardif, La vie blanchit

 

 

Alors on garde le silence
comme une pierre de couleur
dans un sac de sel.

J-C T

 

Fil de lectures de JM Corbusier : Mathy, Pozzani, Nunez Tolin, Kaïtéris

 

 

Il m’arrive pourtant de croire que j’ai dans les yeux pour leur sourire la toupie folle d’espérer                      et
Tant de soleil et si peu d’amour pour soulever le mutisme des pierres.

 

Fil de lectures d'Eric Pistouley : Macé, Marie, Blaine

 

 

 

La monnaie tombée des poches
ne suffira pas. Pour payer le passage
il faudra des espèce un peu plus sonores,
que le réveil à l’aurore fera trembler.
Puis sauter par-dessus les ombre
et sortir du langage. (…)

Nicolas Grégoire, face à / morts d’être

 

Quelle réponse donner au génocide, si, en effet, répondre reviendrait à prendre des responsabilités ? Comment rester muet, devant le faux mutisme des charniers ? Au Rwanda, même la terre, percée d’os et de crânes n’est plus impavide. Tout mutisme provient, ici, d’abord d’une dislocation des corps, mais la boue, percée de crânes et d’os, mais les corps de femmes empalés parleraient, alors que, dans le ciel biblique, Nicolas Grégoire reçoit le martèlement d’un meurtre infiniment perpétré, celui d’Abel.

Larry Eigner, De l’air porteur

Mai 52

 

L a r g e

 

J'ai tenté de les assembler
En contraste       Beautés que sont
maisons et soleil plat

Tombé en admiration
Monde de
       l'esprit

F.J. Ossang, Venezia central

 

La désolation de l'esprit, le vrai tourment de la condition, est de voir intelligence et Amour se diviser et s'opposer dans l'homme. De ce tourment, il est bon et nécessaire que des témoins soient parmi nous, et qu'ils le chantent. Pierre Emmanuel

 

Dans son ABC de la littérature, Ezra Pound distinguait le mauvais critique en ce qu'il parle d'abord du poète avant de parler de la poésie !

François Bordes, Le logis des passants de peu de biens précédé de L’âge obscur

 

Pourquoi écrit-on semble rappeler François Bordes, dès les premières pages de son livre, dans la première section, au beau titre qui s’éclaire ? Pourquoi ? Pour vaincre sans doute  cet « Age obscur » et « reconquérir la parole ».

Deux voix, alors, en alternance, en contraste, débattent sur des thèmes essentiels : le « vide », le « je », l’expérience et la mort.

« Je suis la lumière inverse, qui fuse du dedans » ou « je suis l’obscur » ou encore « Je me tais dans la parole ».

Luisa Futoransky, Peintures rupestres

 

Née à Buenos Aires mais vivant à Paris depuis plus de trente ans, Luisa Futoransky est poète, narratrice et essayiste. Elle a reçu de nombreux prix littéraires. Son oeuvre est traduite en anglais, français, italien, portugais et hébreu.

Elle est considérée comme l’icône de la poésie argentine exilée à Paris avec Cortázar qui est venu à sa première lecture comme elle a assisté à son enterrement.

Michel Thion, L'Enneigement

par : Anonyme

 

"Écrire avec la neige / pour un lecteur aveugle"

Dès les premiers vers, Michel Thion nous prévient : la neige est l'écriture, éphémère et vaine, éternelle et fondamentale. Paradoxe ? Non, évidence !

 

"Elle disparaît, / elle est l'oubli, / reste une trace du passé. // Mais reste t-il / une trace de l'oubli ?"

 

César Vallejo, Poèmes humains

 

 Né en 1892 dans les Andes péruviennes et mort à Paris en 1938 de maladie inexpliquée, peut-être de désespoir somatique, César Vallejo est une grande figure littéraire, poétique, christique et révolutionnaire de l’Espagne et de la Guerre d’Espagne. Figure oubliée dans une certaine mesure, si on la compare à celles de Machado ou de Lorca, dont, en France, l’enseignement scolaire (de l’espagnol, « langue 2 ») et le discours des autres poètes (pensons en premier lieu ici à Aragon) ont assuré mieux le souvenir.

Jean Dubuffet et Marcel Moreau, De l'art brut aux Beaux-Arts convulsifs,

 

     Lire un échange épistolaire entre le peintre Jean Dubuffet (dont je connais un peu l'œuvre pour avoir vu plusieurs de ses expositions et posséder quelques catalogues et sa fameuse Botte à Nique) et l'écrivain Marcel Moreau (que je ne connais pas et dont je n'ai rien lu) est sans doute une mauvaise manière de comprendre ce qui rapproche les deux hommes… Sans doute vaudrait-il mieux connaitre le peintre & l'écrivain…

Mathieu Bénézet, Premier crayon

 

     Mathieu Bénézet s'est éteint le 12 juillet 2013. Mais en 2012, il avait déjà été hospitalisé pour se faire soigner du mal qui a fini par l'emporter. La quatrième de couverture précise : "Malgré l'affaiblissement et la lourdeur des traitements , il se met à remplir avec une sorte de calme dans l'urgence de nombreux carnets". Premier crayon en est le résultat, publié. Pas de complaisance pour la souffrance, pas d'apitoiement, pas de dolorisme : c'est ce qui apparaît immédiatement à la lecture.

Alain Roussel, Le Labyrinthe du Singe

Alain Roussel est un enchanteur onirique, exhausteur d'imagination comme on parle d'exhausteur de goût, de ces allumeurs d'univers qui marquent dès la première lecture. Mais c’est aussi un raconteur qui sait manier le style et les mots du poète. Son dernier livre Le Labyrinthe des Singes n’est pas à proprement parler de la poésie mais comme souvent dans sa collection « piqué d’étoiles » qu’il dirige pour les éditions Apogée, Jacques Josse aime à y publier des auteurs qui ont la poésie en eux.

Petr Král par Pascal Commère

 

Le Petr Král présenté par Pascal Commère aux éditions Vanneaux comprend en première partie une présentation approfondie de l'œuvre de ce poète tchèque qui gagne à être davantage connu en France et, en seconde partie, un choix varié de textes classés dans l'ordre où ils furent écrits de 1984 à 2012.

Pages