On raconte qu’un vent

 

On raconte qu’un vent s’est éteint sous ta robe
et que vague rumeur avait la mer enclose
dans ton épuisement

On raconte une femme ou un fleuve une fée
roule un silex tranchant entre les dents d’averse
et ton ventre tendu

On raconte ton ventre détissé de rocailles
refusant la fatigue et fragile brisant
les engendrements

On raconte la peau comme charrie le temps
à pierre fendre  à nu  assise sur le lit
draps défaits dans la paume

On raconte tes yeux sous l’arbre qui brindille
et que vient le matin et que viennent l’attendre
ceux qui n’attendent rien

On raconte que pousse à ta vierge marine
une lande d’ennui où l’écueil est fertile
où fauves sont les deuils

On raconte qu’automne et printemps sont tes joues
où jouissent les amants à pleines mains
dans leurs habits mendiants

On raconte qu’une heure a rebroussé ta bouche
au-dedans de la nuit  et vertige on raconte
que tu ne dis plus rien

On raconte  Silence  on ne raconte rien