Te suivent te poursuivent

 

Te suivent  te poursuivent
le faux dénudé du sein blanc
la sonde du désir fouinant revêche sous la peau
la seconde ténèbres où basculent les aubes
la gifle du silence à la seconde joue
l’après-midi marine où tu ne sus mourir
et le ventre occupé où tu n’as pas su vivre

Te rivent  te dérivent
la flamme oblique de la nuit
la foudre du désir et ses deux langues muettes dans la paume
l’ordre inversé du temps à l’entre-deux du soir
le souffle de l’absence à la première larme
le grain à moudre  blanc  au moulin des étés
et la lèvre indécise qui tremble à marée basse

Te passent  te dépassent
les mots de mauvais temps
la phrase écrite  inerte  au rebours de la pulpe
l’insoutenable fièvre à la courbe du front
l’empreinte de la langue à l’angle du poignet
ce que n’a deviné que l’enfant de jadis
et ce que n’a su être que celui qui marchait