RIVAGE II

 

Tout peut s'ouvrir au-delà et après le fruit sur la terre, sur la pierre
Sur l'herbe et sur la table
Le fruit qui murmure encore ses origines
A toujours pour lui
La main qui va le saisir
La bouche qui va l'aimer
                                            Et le regard qui l'enveloppe
il a toujours pour lui
La haute révélation de la lumière se faufilant au bas de l'arbre
A l'endroit étincelant
                                       Protecteur
Où Eve s'est allongée
Avec cette lumière qui se faufile pareil au serpent sur la peau
Mais rien ne peut se faire sans la lumière
Apprentissage de la lumière à vivre dans le labyrinthe des racines
Où sont encore superposées en nous toutes nos nutritions éteintes
La volonté de surgir ne peut se faire
Qu'avec cette absolution fécondée au lieu du fondement
Matière dans son rythme infernal
Et la dispersion revient toujours à la surface
La disparition apparaît toujours à la crête de l'intensité
Les mers s'engouffrent toujours dans les trous grandioses de la roche
L'humain tend encore et toujours
                                                               Ses bras en croix
Dans les déchets, les débris, les ossements de la vie
Tout peut encore se montrer à la vitre de l'existence
A-travers les larmes
S'écoulant au delà du tunnel

Semblables aux pluies sidérales
Aux fruits gorgés de nouveaux rayons d'amour .