Interesseloses Wohlgefallen

 

Interesseloses Wohlgefallen (Zucken im Schlaf)

 

Was ist der Unterschied zwischen einem Sex, der nur ungewiss
gesucht wird; dessen Hof nur funktioniert, wenn man ihn zu spät bemerkt,
weil er unterschiedslos aufgelöst ist in der Dämmerung, deren Welt
vollgestopft mit schönen Gesten von Gespenstern, von Vergangenheit und Zukunft
erscheint, dass man nicht einmal die Farben mehr richtig erkennt:
Zwischen diesem Sex also, der auftauchen wird wie ein weißes Gesicht im regennassen Wald,
unvermutet, naß, menschlich und doch von göttlicher Symmetrie,
die es wie ein Pfahl mit Eigensinn durchzieht,
um die sich die Launen schmiegen,
und einem der – aber ebenso ungewiss – abgelehnt ist, als ein Programm,
das die Welt einengt, deren Offenheit wir uns erst gerade erspreizen, zum Beispiel
durch Verteilung des Eros auf alles. (Aroser) Auf preziöse Häuser voller
Kindheit, voller Erwägung, im Keller voller Wissen, in der Mitte voller Träumerei.
Aufs Internet und darin das gesamte Feld von Space Rock und von Kunst,
auf Deutschland und Osteuropa und den Regen und den Weg zum Supermarkt,
die Art zu kochen mit dem, was da ist und etwas, was man hinzu besorgt,
die Art, Fleisch zu vermeiden, was ich nicht kann, ich flêche (wenn ich Fleisch
wittere, direkt darauf zu). Sind es Simulacren von Schönheit: die erotisch leichten Manöver?
Und die Art zu zeichnen, fuzzy strichend oder eine Linie ziehend, noch eine,
und die Art, Sätze zu sagen, auch die oft daneben, gerade dann verständlich,
so wie wir ungerade nebeneinander liegen, Kopf geneigt,
oder im Vau der Freiheit Fuß an Fuß, deren noble Adern
tragen und streben, im Traum noch, wenn die Köpfe müde sind.

 

 

 

Plaisir désintéressé  (tressaillement pendant le sommeil)

 

Quelle est la différence entre un rapport sexuel qui n'est qu‘incertainement recherché ;  dont l’aura ne fonctionne que si on la repère trop tard, parce que fondue indistinctement dans le crépuscule, dont le monde semble gavé de beaux gestes de fantômes du passé et du futur, au point que l‘on ne distingue même plus les couleurs :
Entre ce sexe, donc, qui émergera, visage blanc dans la forêt trempée de pluie,
insoupçonné, humain, humide, et pourtant d‘une divine symétrie
qui tel un pieu avec obstination le traverse,
autour de laquelle se nichent des lubies,
et celui – tout aussi incertain pourtant- qui se voit rejeté comme un programme qui rétrécit le monde, alors que nous oeuvrons précisément à son ouverture, par exemple par un arrosage de l’Eros sur tout. Sur de précieuses maisons pleines d‘enfance, pleines de considération, dans la cave pleine de savoir, dans un milieu plein de rêveries.
Sur  internet et le champ complet de Space Rock et de l‘art,
sur l’Allemagne et sur l’Europe de l’Est et la pluie et le le chemin du supermarché,
la manière de cuisiner avec ce qu‘on a sous la main et quelque chose que l’on se procure en plus,
la manière d’éviter la viande, ce que je ne sais pas faire,  (flèche, je fonce direct sur la viande). Sont-elles simulacres de beauté, ces manoeuvres érotiquement légères ? 
Et la manière de dessiner, flou, ou en traçant une ligne, puis une de plus ;
et la manière de dire des phrases, souvent elles aussi à côté de la plaque, ce qui les rend compréhensibles
pour deux qui reposent l’un près de l’autre, non alignés, têtes penchées,
ou encore comme dans le V de victoire de la liberté, pied contre pied, portés,
aiguillonnés, par de nobles veines, encore en plein rêve, quand les têtes sont fatiguées.

 

 

Traduction, Brigitte Gyr