Nous

 

Nos deux mondes se parlent, s’effleurent et puis se frôlent,
                sans jamais se toucher,  comme si nos deux corps
                               se refusaient à l’autre.
Perméables à l’esprit, se jouant sans compter
                du ciel et de la terre,  du tréfonds des enfers
                               aux clés du paradis. 
Hésitant à tisser une toile entre nous, 
                sur l’écrin de nos peaux  craquelées de désirs,
                               le voile de la pudeur  habille tout l’espace
                                               de nos cœurs orphelins des amours disparues.
Je vous embrasserais,  si vous laissiez mon nom
                fleurir sur vos lèvres.
Je vous embraserais sur les champs de l’amour,
                si vous lâchiez vos guerres  et vos serments perdus.
Je vous caresserai s, bien lovés peau à peau,
                si vous vouliez quitter  vos armoiries dorées
Tous les bruits de fureur  cesseraient dans l’instant
                et nos nuits sans non-dit seraient notre présent. 
                               En silence et sans arme, nos temps s’accorderaient.