Poèmes de Raison 1

 

Des passagères nous accompagnent maintenant, des passagères en lesquelles nous reconnaissons les compagnes de nos vieux vices et donc nulle
surprise et donc nulle
perplexité car nous sommes maintenant accoutumés à leurs chants.
« Pourquoi, pourquoi ? » questionnent-elles tandis que les murmures du flot qui nous entraîne, tournant sur leur axe à la manière de souvenirs,
annoncent la défaite.
« Etrange, étrange. » psalmodient-elles tandis que nous limons nos ongles dont la poussière de corne tombe dans le flot roulant, d'où monte vers nous
tant de fraîcheur, oui tant de fraîcheur, songeons-nous.

Souviens-toi des heures. Vainement dépensées.
Les heures dont les chiffres étaient gravés dans notre cœur avant même que nous disparaissions en elles, dans leur coriace
inanité.