5 poèmes

 

 

 

 

 

Freiné dans son élan
dépouillé de ses rives
le fleuve dans le lac
subsiste par l’effort
opiniâtre et secret
de poursuivre son cours
dissous et confirmé
en des eaux différentes
au destin immobile.

Son chemin se perdra
une dernière fois
dans le delta aux bras
multiples grands ouverts
sur la mer.

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Que ce soit le chemin du haut
menant à l’école et l’église
ou celui du bas, propice aux rencontres
amoureuses, ils sont couverts de boue.
Emprunte-les l’un comme l’autre
sans craindre de maculer tes souliers :
c’est dans cette argile où s’impriment
tes pas que se dessine                    
la voie d’une naissance,
le pouvoir de trouver
au bout, à la jonction des routes,
les données du départ
unifiées, corps et âme réunis.

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Parvenir à la maison
qui résiste                
au souffle de l’Inconnu
et l’accueille
par des cloisons mobiles
sans dommage
lui ménage sa place

maison aux larges baies
de libre respiration

maison ardente
que sa flamme renouvelle

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Poisson mobile et muet
en chemin vers les grands fonds,
prolonge ta nage jusqu’aux parages
où l’eau devient feu
et toi salamandre
sans fin dans la flamme
vivante

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Tout passera        
emportant      
la pesanteur
de mille insuffisances

Tout passera

Seul restera
mieux noué
ce qui unit