LA CORDE DE JUIN

 

Non pas seulement les pleurs,
pareils au frémissement des fleurs de Mme Dalloway,
mais le retour même des larmes à la source,
comme vers l’échine d'un grand arbre,
le voyage par les veines des plantes
nous éclairant sur l'essence des liquides,
en symbiose avec l'air que l'on respire dans le sommeil –

tout cela, des tâtonnements des pitons pendant l’escalade à travers le temps,
des mots prononcés par les autres au cours de la traversée,
murmurés dans la barbe grise de la lueur
matinale, entre la nuit et l'aube, où les mots
se jetaient dans les bras les uns des autres tels des souris de théâtre, à scander
la victoire de la vie, entre la face tournée vers soi et celle
que l'on partage avec un autre à ses côtés,
dans le cocon des significations entre deux corps

où, même en rêve, sans discontinuer,
coule la sève de toutes les pensées

 

 

Traduction Stéphane Bouquet et l’auteur