Exil de l’âge

 

L’hélicoptère démarra et s’éleva
rapidement puis tomba et plongea
puis plus bas et encore plus haut.
Je n’ai jamais regardé en bas ; j’étais vert
puis blanc de peur et de nausée.

De chaque côté étaient assis les protecteurs,
sérieux et silencieux.
Ils m’ont déposé sur cette île
où ils promettent que je passerai
le reste de ma vie.

Mon estomac se remit vite et
mes gardiens me réconfortèrent et parlèrent :
j’avais assez de nourriture et de boisson
pour le reste de ma vie.
Oui, je suis vieux et le voyage au Kansas

n’était qu’un caprice qui fit long feu.
Ils me montrèrent les réserves,
les grandes boîtes contenant tout –
mais en fait – je le fis remarquer –
ces boîtes ne sont pas si grandes que ça.

Alors ils parlèrent de la folie
comme elle grandit en exil.
Ils implantèrent bien la peur -
un sujet d'écriture, dirent-ils –
en s’élevant pour repartir.

 

Traduction Marilyne Bertoncini

 

 

Exile in Old Age

 

The helicopter lifted off and rose up
fast and then fell and dipped over
and down again and then higher.
I never looked down; I was green
and then white with fear and nausea.

On both sides sat the protectors,
serious and silent.
They set me down on this island
where they promise I’ll be
for the rest of my life.

Soon my stomach settled and
my minders cheered up and spoke:
I’m to have food enough and drink
to last my natural lifetime.
Well, I’m old and the planned trip to Kansas

was just a whim, a long shot.
They indicated the storage holds,
the large bins with everything –
but actually – I pointed this out –
these bins are not so very large.

Then they spoke about madness
and how it thrives in exile.
They planted well the fear –
a subject for a text, they said –
as they lifted up and away.