3 poèmes

de : 

 

Comme si ton instinct t’alertait
Tu ne voulais pas de jupes.
Tu t’écorchais les jambes
En grimpant dans les arbres
Ou bien une saute de vent les soulevait
Livrant à tous les regards
Les dessous
Blancs
De la honte

Tu ne voulais pas de jupes
Mais ils t’ont façonnée
t’ont fait des tresses
Et tu es devenue
La jolie
Fille
T’imposant leurs manières
avec le sourire
brutal
crispé
d’un gardien de prison bien élevé

La nuit
Immobile
Tu faisais semblant de dormir
Tu léchais tes blessures
Et t’arrachais les croûtes
Et de petites perles de sang
S’en allaient rejoindre
les constellations impassibles

 

***

 

Il y avait cinq doigts dans sa main droite
des anguilles
des rats
des flèches
Quand il ne t’étouffait pas
Il lui arrivait de les remuer.
Il resserrait sa cravate
Il se coupait les ongles
Se curait l’oreille.
Il y avait cinq
(vraiment gros)
doigts dans sa main droite
pour mieux
te miner
te dévorer
te tuer .

***

Il n’y a
pas d’éléphant
dans cette pièce.

Une voiture,
Un nuage,
Un mystère ;
Un bébé qui m’appelle
Depuis les entrailles vides
De la nuit fluorescente.

Il n’y a
pas d’éléphant
dans cette pièce.

N’en parlons plus.

 

Traductions Marc Delouze, avec l’auteur