5 poèmes

 

« L’amour à ton cou
Mes jambes t’apprennent
L’amour a nos âmes
Mozart et l’océan »

 

Extrait de « Ma pluie sous ta Laine »

 

*

 

Ta main sur
Ma main
Sur
Ton torse
Encore
Ta main sur
Ma main
Sur
Ton torse
Encore
Ta main sur
Ma main
Encore
Pas de
Pas de
Ni
Pas de… juste
Ta main sur ma main
Ton torse
Qui est-ce ?
Pas de
Pas de
Ni
Pas de juste
Juste à qui
Est-ce ?
Est-ce ?
Sur ta peau
Sans bas ni chapeau
Juste ta main sur ma main.

 

Extrait de « Ma pluie sous ta Laine »

 

*

 

Je vais après les mots
Là où l’amour mène les siens.
Je vais après les miens.

Ils laissent dire leur vie
Racines fraîches et vieilles.
En terre, les mots remontent à la surface, me sentent.
S’éventent des échos, des prières d’antan, des désirs me touchant.
En terre, les miens moussent.
Les rêver bien plus loin et les perdre à la cime des arbres.
Au-delà, où sommes-nous ?
Au ciel, qui vient ? Je me suis.
Je vais après les mots, les siens, les miens.
Au ciel, le désir au vent mène qui veut, qui vient, qui sème bien plus loin
qu’en moi-même, son histoire.
J’entre en terre, la sienne, une inconnue bientôt connue.
Et je sais : il me suit, quand je sème au vent des cimes.

Je vais après les mots
Là où l’amour mène les siens.
Je vais après les miens.

Les corps parlent, caressent les cerveaux, goûtent au-delà d’où je vais
Soufflent à la cime des âmes, aux racines et au vent.
Les corps s’aiment sans mots, s’égrènent.
Et les peaux, qui les plante ?
Nos sueurs se mêlent, nos peaux se hissent, lissent nos labeurs.
Le front plat, nous sommes là sans rides.
Nos lèvres sèchent à nos soupirs, et nos yeux s’ouvrent sur un bleu immédiat :
« Je suis là !»
Qui sème me revient, me laisse aller vers, me passe à travers, se retient.
Il n’est pas encore l’heure.
Sueur à sueur, nos caresses effacent nos labeurs les mains ouvertes vers l’autre rive : « Où es-tu ? »
Les mots, les miens, les ondes-miennes, les siennes foncent, m’échappent à la cime.
« Me quittez- vous ? » « Où m’emmenez-vous ? »
De tout mon long, je vous envie, vous me fouillez.
Alanguie, je suis longue.
Qui sait qui part, qui revient, qui fouille ?
En terre, les miens mouillent.

Je vais après les mots
Là où l’amour sème les siens.
Je vais après les miens.

Je ne sais plus si je sais que j’aime.
Je ne sais plus que je m’en vais.
Juste je pars juste.
C’est juste après les mots que des vagues débordent les lèvres.
Faut-il sortir du lit, quand deux rivières s’y jettent ?
Je respire ses mains, les miennes s’accrochent.
Je lèche ses pieds, les miens marchent sur l’eau.
Qui sait sans se mouiller les pieds taire ce qui sème ?
Et écouter pousser le ciel.

Je vais après les mots
Là où l’amour sème les miens.
Je vais après les siens.

Sans fond ni pont.
Aimer juste aimer sans fin juste l’aimé jusqu’à sa rive.
En face le pont, le courant file son temps.
Aimer sans fond l’aimé qui fait face sans filer.
Et écouter pousser le ciel sous sa peau, mousser les siens sous la mienne.
Je suis allée après les mots, mes miens, les ondes-ciel, sa cime.
En une dernière vague, un autre monde me quitte, me ramène.
Je suis moi de mieux en mieux.
À pieds secs, sur le bois poreux du pont,
Les yeux lavés par l’aventure,
Le temps de me mouiller, je suis née.
Je n’ai pas su que j’étais nue. Il ne faut pas savoir.
Je suis nue autant que mon âme file à son hymne.
Du ciel, j’ai semé les miens, les siens à ma cime,
Et l’avenir de l’aimé.

Comment savoir qui sème ?
Me diriez-vous… en amour…
Où allez-vous après les mots ?

 

Extrait de « Écrire, c’est aimer. »

 

*

 

« Aller en paix
Sous mon ciel
Prière je ne t’ai pas priée
Tu vins seule. »

 

 

En réponse à la phrase de Novalis : « Il faut que chacun devienne le ciel.»
citée dans « le bruissement des arbres dans les pages » de Gilles Baudry.