Visage de chevet (extrait 2)

 

Elle est vêtue de longue loyauté.

Assise devant la source, elle est la Vierge blanche que rien n'offusque.

Et je me plaignais de tant d'absence ! Je la trouve, recevant toute chose pour comble de biens, replongeant les bras dans cette eau qui tire l'assaut froid de sa source.

Souvent, je tourne le souffle vers son visage, et l'ange la protège.

Il est l'ange rafraîchissant.

J'approche quelquefois ses lèvres, et nous écoutons en nous regardant les genoux de la chute fléchir dans les pierres.

« Ne m'en veuillez pas, lui dis-je,  ne m'en veuillez pas : je suis de corps belliqueux. »