CAROLE CARCILLO MESROBIAN

Le souffle des glaciers et autres poèmes

Le Souffle des glaciers

 

Approximativement
Le presque su nous entrevise nous entreclos nous appareille

De libellules pour les anges

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J'ai souvent pensé à l'hiver

Pensé à l'hiver comme terrain vague
pensé à l'hiver comme suite abrogée des étés
Comme coupe porte vent et fenêtre à grisaille
Comme chemin morne et long comme coupe à grenaille

Celui-ci non
Sa durée sera féérique

Parce que dans chaque branche nue offerte tiendra trace de nous

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Contiguës

La ferraille du cœur comme à l'enluminure
Les écrous d'espérance

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Imbrication des amplitudes augurales
Avec en médaille reflet d'apories pleines

Non extravaguées d'impuissance

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La froissure et l'outrage

A tes mains devenues repliées de printemps
A ta face abdiquée par les charges du temps
A ta danse espérante capturée aux tournants de ton arc abouti emmuré sous les airs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Passer la dune
Versant des aubes et des silences
Prétendre à l'aporie pour gagner l'altitude
Et souffler où perdure tout à muter des jougs
Le trèfle à foison d'ailes tapis aux apertures des luttes prononcées
Cheminer sous la corde attrapée des tournures
 
River les écrous sur le vide

10 POEMES

 

Rien à se taire

Fûts à crever des impostures
Des passages à clous contre sens alvéolaires à prisme latéral
Des abris à barreaux fichés dessus le ciel
Et des syllogies consacrées aux chaines creuses omnipotentes
Rivées
Traînantes

Et vues

 

*

 

Herbes
Se frayer
Dans la hauteur des absolus vertigineux

 

*

 

Reclure la frayeur dans la respiration tenue
Et occulter les tranches de peau vive
Pelées
Ripées
Déboulonnées
Ou à venir

 

*

 

Comme une ferraille
Comme un reflux déterminé
Inquisiteur
Comme un cachot déverrouillé dans lequel tu perdures
Tel à revers des médailles
L'écoulement de la durée se porte dru
A dresse-flanc et comme

 

*

 

Cerbère des nœuds de l'encéphale

L'émeraude des taillis joints
Plaqués debout et frissonnants
La cavalcade au baldaquin azur et mauve en mégalithe
Des duvets coulant sous le vent

Totems

 

*

 

Stagnant dans l'idéation à ventail clos
Tu éternises la cadence
Que rien ne prolonge qu'à l'accoutumance le pli élagué des assuétudes

 

*

 

Badins l'outre vermillon des aplats
Et les bravades en vert cousu des feuilles givre sans
Jubilé sans cortège
Comme une démesure à tes vicissitudes

 

*

 

Presque buée
Parages évaporés
Tu débordes à revers
Exultations d'abord à reculons et puis

 

*

 

En détrempe archivées
L'absence écrue en plénitude des aubes mues

 

*

 

Les abattis les abattis abscons et ravageurs
bric à brac