Hommage à Pirotte

par : JC Tardif

 

à Jean-Claude Pirotte

 

Rennes, quartier de la gare,
la fermeture des cafés sous les néons pâlis;
puis le jazz
avant et après le cognac.
Dans une petite rue paralèlle, non loin de ton hôtel,
nous l'écoutions.
Ensemble, nous prenions toujours de pareilles venelles
pour y parler de nos amis.

Combien d'années déjà ?

Plus tôt, à la maison
cette façon de nous connaître à cinq heures du matin,
devant une bouteille de goutte, soixante ans d'âge,
à peine plus !
Une éternité  cependant !
À moins que ce ne soit un bref,
trop bref moment d'amitié.

Plus de vingt ans, hier pourtant !
Rien de plus que la lumière
au travers du vin qui bleuit dans les verres
et traverse les mots
pour habiller l'hiver les souvenirs qu'on y apprête.

Ce soir je boirai seul,
du whisky pour rompre avec nos habitudes
et commencer de boire sans toi à notre amitié,
je boirai non pas pour boire
mais simplement parce que, soudain,
les mots me manquent pour me parler de toi.