Ricardo Paseyro

par : Anonyme

Poèmes extraits de Arcs et flèches paru chez El Alambique (Espagne) en 2012
traduction Yves Roullière

Algas / Algues

  

   ¿ Cobrizos, negros, blancos, amarillos
   venimos de las algas primordiales ?
   ¿ Y las algas, de quién ? ¿ De Dios ? ¿ Del caos ?
   ¿ Y volvemos a donde ? ¿ A Dios ? ¿ Al caos ?
   Para dormir, nos presta fuego el sol,
   para velar nos presta, el cielo, sombra.
   Temo, a la vez, el despertar y el sueño.

 

Algues

Peaux cuivrées, noires, blanches ou jaunes
venons-nous des algues primordiales ?
Et les algues, de qui ? De Dieu ? Du chaos ?
Et où retournons-nous ? À Dieu ? Au chaos ?
Pour dormir le soleil nous prête du feu,
pour veiller le ciel nous prête, lui, de l'ombre.
Je crains, à la fois, le réveil et le sommeil.

 

Poèmes extraits de Arcs et flèches
paru chez El Alambique (Espagne) en 2012
 traduits par Yves Roullière

Dualidad / Dualité

 

Espirituales y hartos de materia
somos ambiguos, somos nada y todo.
En el manejo de la extraña máquina
la carne viva ofrenda la substancia
y el ánimo sutil cuida la Idea.

 

Dualité

Spirituels et repus de matière
nous sommes ambigus, tout et rien.
Dans le maniement de l'étrange machine
la chair vive fait don de la substance
et l'âme subtile prend soin de l'Idée.

 

Poèmes extraits de Arcs et flèches paru chez El Alambique (Espagne) en 2012
traduits par Yves Roullière

 

Romanticismo / Romantisme

 

                                        La abadía en la floresta
                                        Óleo de Caspar David Friedrich

 

    El cielo irradia la blancura
    mientras la sombra se apodera
    de la floresta moribunda.
    Cabe al portal, guardián de ruinas,
    ramas de robles gesticulan.
    Los abades sin abadía
    peregrinan, no llegan nunca
    y atraviesan el horizonte
    encandilados por la luna.

 

Romantisme

                            L'abbaye dans la forêt
                            Huile de Caspar David Friedrich

 

Le ciel irradie la blancheur
tandis que l'ombre s'empare
de la forêt moribonde.
Elle renferme le portail, gardien de ruines,
des branches de chênes gesticulent.
Les abbés sans abbaye
pèlerinent, ils n'arrivent jamais
et traversent l'horizon
tout éblouis par la lune.

 

Poèmes extraits de Arcs et flèches paru chez El Alambique (Espagne) en 2012
traduits par Yves Roullière

 

Instante / Instant

 

Un amago de nubes a lo lejos.
La mitad gris y blanca de la luna
se suspende sin hilo en un azul
tan solo y cristalino que parece
no tener fin ni presentir la noche.
Es la tarde perfecta. Se diría
que todo ha de seguir, intacto, así.

         Jardín de María Teresa
         Viena

 

Instant

Une bande de nuages au loin.
La moitié grise et blanche de la lune
est suspendue sans fil à un azur
si seul et cristallin qu'il paraît
ne pas avoir de fin ni pressentir la nuit.
C'est la soirée parfaite. On dirait
que tout doit continuer, intact, ainsi.

         Jardin de Marie-Thérèse
         Vienne

 

Poèmes extraits de Arcs et flèches paru chez El Alambique (Espagne) en 2012
traduits par Yves Roullière

 

Conversión / Conversion

                     Cuadro de El Parmesano - 1528

 

    La tempestad, el cielo enceguecido,
    la montura que salta, corcovea
    y cuando estalla el fuego entre sus patas
    rompe la silla y da su crin al viento.
    Abre, al caer, los brazos el jinete
    y se desploma con la mano en alto.
    En el camino de Damasco, Pablo
    pide, ya no vivir, sino la Vida.

        Viena

 

Conversion

                Tableau du Parmesan - 1528

 

La tempête, le ciel aveuglé,
la monture qui saute, cabriole
et lorsqu'éclate le feu entre ses pattes
il rompt la selle et offre sa crinière au vent.
En tombant, le cavalier ouvre les bras
et s'écroule une main en l'air.
Sur le chemin de Damas, Paul
demande, non plus de vivre, mais la Vie.

         Vienne
 

Poèmes extraits de Arcs et flèches paru chez El Alambique (Espagne) en 2012
traduits par Yves Roullière

 

Alba / Aube

    

    En el alba indecisa, somnolienta,
    el sol trama las formas de otro día.
    Está vivo el vacío: mil figuras
    prestan al cielo un aire siempre nuevo;
    arabescos barrocos, rayas blancas
    tropiezan con las alas de los pájaros.
    Hecha para el trabajo de los ángeles
    la rumbosa mañana oculta el fondo:
    al abrirse a la noche el horizonte
    se ve cundir la guerra de los astros.

 

Aube

Dans l’aube indécise, somnolente
le soleil trame les formes d’un autre jour.
Vif est le vide : mille figures
prêtent au ciel un air toujours neuf ;
des arabesques baroques, de blanches raies
butent contre les ailes des oiseaux.
Créé pour le travail des anges
le généreux matin cache le fond :
lorsque l’horizon s’ouvre à la nuit,
on voit apparaître la guerre des astres.
 

 

Poèmes extraits de Arcs et flèches paru chez El Alambique (Espagne) en 2012
traduits par Yves Roullière