Un regard sur la poésie polonaise actuelle (1)

Krzysztof Siwczyk est né en 1977 à Knurów, en Pologne et vit à Gliwice. Il est l’auteur d’une dizaine de recueils. Ses poèmes sont parus dans les revues littéraires polonaises les plus importantes. Il a été traduit et publié à l’étranger (Allemagne, Slovénie, Slovaquie, Tchéquie, Bulgarie, Canada, France). En France, quelques-uns de ses poèmes figurent dans une petite anthologie, Vingt-quatre poètes polonais, choix et traductions Jerzy Lisowski, éditions du Murmure, Neuilly-lès-Dijon, 2003.

Krzysztof Siwczyk est également critique littéraire,  il a dirigé des programmes littéraires à la télévision (TVP KULTURA/Télévision polonaise KULTURA, Czytelnia/Salle de lecture, Poezjem/ De la poésie), a joué dans des films, notamment le film  WOJACZEK consacré au poète Wojaczek (1999) dans lequel il interprète le personnage principal, et dans WYDALONY/ LE PROSCRIT, (festival de Wrocław : « Era Nowe Horyzonty », 2010) sous la direction d’Adam Sikor. Depuis 2010 il est membre de l’Académie européenne du film ainsi que de l’Association des écrivains polonais. Il collabore à des journaux tels que Tygodnik Powszechny, Polityka et Gazeta Wyborccza. Il publie aussi des textes qu’il recense sur le site web du journal Polityka, rédige une tribune poétique à l’Institut Mikołowski, tient une rubrique littéraire dans la revue Arkadia et est rédacteur de la rubrique poésie de la revue Litera.

Son œuvre a déjà été récompensée par plusieurs prix : il est lauréat du prix « Czas Kultury »/ « le temps de la culture » (1995), de « Fundacja Kultury »/« Prix de la Fondation pour la Culture »(1999) et du prix « Poznański Przegląd Nowości Wydawniczych »/ « Rétrospective des nouveautés éditoriales de Poznan » (2003). Il a reçu le « Prix du public dans la catégorie du meilleur rôle » (2000) au festival du film « Ogolnopolski Festiwal Sztuki Filmowej Prowincjonalia », le prix de « Europejska Akademia Filmowa »/l’Académie européenne du film dans la catégorie du « meilleur acteur européen » pour l’interprétation de son rôle dans le film Wojaczek (2000).

Les trois poèmes ici présentés sont extraits d’un ouvrage volumineux, de 262 pages (hors postface et sommaire), Ailleurs est aujourd’hui/Gdzie indziej jest teraz, Poznań, 2011, dont une centaine de poèmes sont à paraître en 2014 en recueil chez Grèges dans la traduction d’Isabelle Macor-Filarska.

 

Trois poèmes traduits par Isabelle Macor-Filarska

 

 

Maintenant

Où est-il et est-il ? A l’instant
il ne peut le dire mais interroge-le encore.
Tu es fantasme et ta voix
ne parle pas en ton nom,
quoique par le timbre  elle rappelle ce ronron
avec lequel ils étouffaient la foule des doutes.
Remets la communication à plus tard, remets-toi
que tu aimes tant. Ce toi pourra te servir.

Quant au lieu de séjour,
le séjour est permanent et fluctuant.
Ca n’a pas grande importance
dans une situation où les différences lui semblent
être seulement le domaine des morts,
et d’eux il ne sait rien  hormis
ce que peut savoir, disons,
le corps.

Est-il ? Par là même il se sent
libéré de la réponse.
On peut faire les choses autrement. C’est du moins
ce qu’il devrait sembler. Toutefois
il ne lui semble pas
que l’on puisse quoi que ce soit.
C’est comme ça maintenant, à la prochaine,
le soussigné.

 

Traduction : Isabelle Macor-Filarska

 

Teraz

Gdzie jest i czy jest ? W tej chwili
nie moze powiedzieć, ale pytaj dalej.
Jesteś urojona i twó głos
nie mówi w twoim imieniu,
chociaż barwą przypomina to mruczenie,
którym zagłuszali szereg wątpliwości.
Odłuż słuchawkę i siebie na później,
które tak lubisz. Przydasz się sobie.

Jeśli chodzi o miejsce pobytu,
pobyt jest stały i zmienny.
Nie ma to większego znaczenia
w sytuacji, gdy różnice wydają
mu się jedynie domeną zmarłych,
a o nich nie wie nic, poza tym,
co może wiedzieć, powiedzmy,
ciało.

Czy jest? Tym samym czuje się
zwolniony z odpowiedzi.
Można przecież inaczej. Tak przynajmniej
powinno się wydawać. Jednak
nie wydaje mu się,
żeby cokolwiek było można.
Tak jest teraz, do usłyszenia,
niżej podpisany. 

 

 

Monologue extérieur

 

Je me réveille à la consigne des sosies, un jour dans le plérôme, au milieu de mannequins souriants. Je sais ce que c’est mon corps, je ne jouis de rien. Tant de subjectivités momentanées ont dû s’écouler avant qu’un quelconque souvenir ne reste fixé dans un cadre adéquat. Rien n’est mensonge puisque la position de départ de la mémoire sur les mondes assujettis embrasse leur création, ce dont nous a informés la réalité. Maintenant je suis enfermé. Echos dans les scaphandres, passementerie frivole. Peut-être encore l’aspect du lit vers la fin des jours de fête. Rien que de bonnes surprises. Tout est vieux et nouveau à la fois. Le moment où grandit le marais, l’engloutissement dans une petite mare lymphatique, et en même temps un décret dans le granit comme une formule. La mélopée mantrique de cet amour, qui s’est avéré le dernier, éclate, et la forme comme larmes de lait sort soudain des convenances à l’heure où quelqu’un d’exceptionnel cache un petit crime, lequel devient cependant fondamental, repousse le désespoir conventionnel pendant la durée du non-être et dit excusez-moi.

 

Traduction : Isabelle Macor-Filarska


 

Monolog zewnetrzny

 

Budzę się w przechowalni sobowtórów, dzień w pleromie, pośród uśmiechniętych manekinów. Wiem co to jest moje ciało, niczym nie rozporządzam. Tyle momentalnych podmiotowości musiało upłynąć, zanim jakieś wspomnienie zostało osadzone w odpowiedniej scenerii. Nic nie jest skłamane, gdyż pozycia wyjściowa pamięci o uległych światach obejmuje ich tworzenie, o czym informowała rzeczywistość. Teraz jestem zamknięty. Echa w skafandrach, lotne pasmanterie. Może jeszcze wygląd łóżka na ostatkach. Same miłe niespodzianki. Wszystko jest stare i nowe jednocześnie. Czas wzrostu bagna, zatopienie w limfatycznym oczku, a jednocześnie ustawka na granicie jak wzór. Mantryczne zawodzenie tej miłości, która okazała się ostatnią, pęka, i forma niczym mleczne łzy nagle wychodzi poza konwenans, kiedy ktoś wyjątkowy ukrywa drobną zbrodnię, która staje się jednak zasadniczą, wypiera konwencjonalną rozpacz podczas trwania nieistnienia i mowi przepraszam. 

 

 

Une petite légende

 

La lave traversa une architecture légère,
maintenant cela devient signe.
Personne ne choisissait rien ici,
nous et un instant avons tout simplement disparu.
Monde fécond, joli héritage.
Qui dit que non,
celui-là visiblement ne s’est pas épanoui.
Le regret est dans la photographie, le sens de la justice dans l’obturateur,
quand tu souris sur l’arête d’un cratère,
te recouvres de la brume qui descend des sommets.
Des nouvelles courent au sujet d’un homme qui chérit la raison.
Il se jeta dans le feu, sûr de la solution.
Mais ensuite, il a fallu répéter ça
afin de préciser.

Il est une dimension déterminée de la légende au-delà de laquelle nous n’irons pas.
Une interprétation pâle comme un drap  froissé après la levée du corps,
quand le silence retombe sur la cuisine, et que les gâteaux ça avance bien,
que le café ensemble annonce les canapés, soudain nous retournons
aux affaires accumulées de cette matinée, nous allons faire les courses,
on peut faire encore quelque chose ce jour, tout marche bien,
on a récupéré les retards au travail,
quelqu’un s’accroupit avec une radio dans la rue,
la chaleur se dépose sur l’amiante, le temps s’émiette,
la viande hachée bout dans le corset du film alimentaire et
la légitimité possible, avec laquelle paraît
l’éclat, force l’œil à s’ouvrir.
De ce côté-là, rien ne vient jeter une ombre. Nous pardonnons.
De celui-ci, on ne voit pas de raison.

Traduction : Isabelle Macor-Filarska

 

Mała legenda

 

Lawa przeszła przez lekką architekturę,
teraz robi się z tego znak.
Nikt tu niczego nie wybierał,
po prostu z jakąś chwilą zniknęliśmy.
Żyzny świat, miłe dziedzictwo.
Kto mówi, że nie,
ten najwidocznej nie zakwitł.
Żal jest w fotografii, poczucie sprawiedliwości w migawce,
kiedy uśmiechasz się na grani krateru,
zachodzisz mgłą, co zeszła z góry.
Chodzą wieści o człowieku, który ukochał rozum.
Rzucił się w ogień, pewny rozwiązania.
A potem trzeba było to powtarzać,
żeby uściślić.

Jest określony wymiar legendy, poza który nie wyjdziemy.
Blada interpretacja jak prześcieradło zmięte po wywózce zwłok,
kiedy zapada cisza w kuchni, a ciasteczka idą dobrze,
kawa pospołu jest zapowiedzią kanapek, nagle wracamy
do spraw zazruconych tego poranka, wybieramy się na zakupy,
można tego dnia robić coś jeszcze, wszystko się układa,
opóźnienia w pracy zostają nadrobione,
ktoś kuca z radiem na ulicy,
żar siada na abeście, kruszy się czas,
zmielone mięso wrze w foliowym gorsecie i
możliwa zasadność, z jaką ukazuje się
blask, wymusza otwarcie oczu.
Nic nie rzuca cienia z tamtej strony. Wybaczamy.
Nie widzimy powodu, z tej tu.

 

AILLEURS EST AUJOURD'HUI, extraits du recueil à paraître aux éditions Grèges