Vu du Sud (2)

 

Youssef Lazrak est né à Essaouira en 1976.

Poète et peintre, Y. Lazrak partage son temps entre la peinture, l’écriture, l’enseignement et diverses activités culturelles et artistiques au bord de l’océan atlantique. Il collabore régulièrement à diverses revues, journaux et Sites où il partage avec ses lecteurs du Maghreb et du Proche-Orient des poèmes qui transpirent la mer calme où déchaînée et reflètent un quotidien qui oscille entre espoir et fatalité. 

La poésie de Youssef Lazrak, est une poésie peinte assortie de voyages imaginaires que l’océan alimente de ses vents et de ses vagues hérissées. C’est une écriture qui possède déjà ses envolées insoupçonnées qui lui viennent naturellement de la langue arabe où la rêverie laisse les mots au gré de leurs errances, sentir et percevoir les plus belles images en poésie. (Extrait de l’introduction de N-E Boucheqif pour Poèmes Marocains, à paraître aux éd. Polyglotte-C.i.c.c.a.t )

Il est l’auteur de :

Les ombres de la distance, poésie 2004

Les brûlures du poète, poésie 2011 (Prix Naâman)

Un seul ciel ne nous suffit pas, poésie 2012

En cours de publication, aux éditions Polyglotte-C.i.c.c.a.t :

Poèmes Marocains, poésie, choix, introduction et traduction de l’arabe : Nasser-Edine Boucheqif. 

Poèmes Marocains (Extrait)

 

1

Goéland mort
sur le dos d’une barque délavée
l’âme qui plane dans le nectar du port
donne naissance à un poète marin
aux ailes secrètes
et l’appétit dévorant
pour faire irruption dans l’éternelle écume

 

2

En automne le matin
étreint les cuisses de l’Arganier
résorbe ses fruits et bâtit un petit foyer dans son tronc

De loin se confond le sourire de l’écureuil errant
avec le visage d’un bûcheron affamé

 

3

Dans la pierre du granit se prolongent les secrets du tonnerre
les éclairs de la vie première
où reposent les fièvres volcaniques anéanties

le feu se nourrit du frottement
de deux bois/deux baisers/ deux frémissements

 

dans le granit
se contorsionne la cendre des questions
par la lance de la nervosité

Dieu contemple l’univers tumultueux en silence

 

4

La peinture à l’huile que je n’ai pas touchée depuis des mois
la vie est revenue en elle
seulement quand je l’ai étreinte avec amour 

même la brosse que mes doigts brûlants ont effleurée
ses poils se sont hérissées
pour graver un chuchotement
sur ton cou élevé

5

Je me baigne dans la perception de la rosée
romps le pain de ton empressement
avec un verre empli de tes rires

 

pas de plafond dans la chambre
sauf un ciel bleu de désir

6

J’éjecte le lit par la fenêtre pour chasser le sommeil
et fume un rouler/poèmes jusqu’à ce que toute folie s’évapore de mes expressions.

Traduit de l’Arabe par Nasser-Edine Boucheqif