Matin

 

Tu ouvres la porte
Et c'est la mer qui pénètre
Avec toutes ses vagues de lumière et de sable
Le grand séjour de  la maison blanche :
un matin d'air, d'eau et de lampe où le jour monte
marche après marche du fond de la jetée jusqu'à la table  aux  bols du petit déjeuner.
Un seul instant d'invocation et de silence
Et c'est tout le temps qui se livre à l'homme à l'unisson,
tout le temps flûtant le temps par les grèves et le ressac,
tout le temps ramassé en une pure salve de science et de safran,
Signant l'unique naissance du jour par où tout scintille du rond des barques retournées
aux bois bleuis de l'horizon,
Où  ne vit rien qu'un soleil de sel, de sacre et de passion.