Giacometti

 

à force de parcourir le vide
une tête, poing fermé,
se cramponne
sur d’interminables jambes

parfois, le corps se fait cou tendu,
tire le cristal opaque vers le haut
arpente la hâte qui cherche
au creux de l’informe en devenir

à fouiller la peau de l’atelier
ou sentir la césure fragile du sourcil
l’argile saisi le vertical au vol,
et traverse, le dos tourné à la porte

dans l’oblique du silence,
l’entaille d’une trajectoire
libérée d’un poids suspendu,
aimante ce qui passe à sa portée