Bernard Jakobiak, Le fardeau des orages

par : Fabien Desur

Avec ce Fardeau des orages, Bernard Jakobiak donne les poèmes d’une renaissance spirituelle. Sur fond d’individuation par un retour au sacré intérieur. Le poète s’engage dans des couloirs, ses propres couloirs, et nous entraîne à sa suite. Il y a six couloirs ou étages qui mènent vers plus de lucidité dans le réel, vers une septième et potentielle étape. Celle de la vie dans l’instant de l’unité.
À l’entrée :

Comme s’il fallait la nuit
refermer les orages
inscrits depuis toujours
aux sources du poème
dont j’avais annoncé
les bruits et la fureur
sous les sifflements d’or
des abeilles de cuivre
dans l’espace aux cheveux
d’argent et coupés courts
j’ai gommé le refuge.

Puis le poète dévoile un voyage maritime :

Bloc de sanglots,
roc de rugissements,
traversée de l’orage
et dans l’éclair intact,
la remontée, la joie,
larmes, vous ébranlez
la terre et le rivage
où j’aborde.

Un voyage « porté » par le Seigneur.
Voyage dans lequel des poèmes directement adressés à Dieu s’intercalent. Le combat se fait contre les scories : la colère, la haine, les passions négatives… Et au nom de l’Amour qui vient. Il devient alors récit d’une individuation vécue. Parcours au gré de la mémoire de l’étoile, étoile simultanément en vue à l’horizon.

La prière est la clé
de la terre qui s’ouvre.

Et :

J’entends s’user les chaînes,
la prison de toujours.

Le chemin d’une vie transfigurée.
 

Je retiens le chemin

 

Je retiens le chemin
de rencontre et d’énigme,
la nuit et le parcours
des terres labourées
dont l’attente est la paix
sous la houle des neiges,

cet hiver qu’on traverse
où l’eau se fait murmure
pour donner au chemin
de la femme amoureuse,
la vie transfigurée.