POEME DE L’UNIVOCITE

 

Prête moi, et Ta corde et Ton oreille
Pour écouter l’univocité sensible des mots

Car la folie me gagne
Pour le meilleur et pour le pire
Lorsque j’épouse les mots

Leur perte m’exclue de moi
           Hors de moi
                       Ou
           Reclus en moi
Car la mésentente a fait suite à l’incompréhension

L’incompréhension se méconnaît
C’est un inconscient de l’oreille
Le réceptacle ne peut faire éclore le mot
Son printemps n’est qu’une douce rêverie

La mésentente s’impatiente
C’est un inconscient de la bouche
L’émetteur ne peut que vomir le mot
Son ivresse tourne au cauchemar

Prête moi, et Ta corde et Ton oreille
Pour écouter l’univocité sensible des mots

Lorsque le sens des mots se multiplie
Je me méfie
Lorsque le sens des mots se simplifie
Je me méfie aussi

Je recherche Ton univocité
Or le mot n’est jamais donné.