Café de Paris

 

De la fille
qui est au bar
Je soutire un sourire
Avec cela je pourrais déjà
payer l’addition
mais je lui vole encore
son genou, sa bouche

En plus
je prends la nostalgie
qui est dans les yeux du serveur

Aux passants
je prends des instants d’amour,
de brèves séquences
et parmi elles
quelques pensées perverses.

Avec les seins
d’une jeune femme
je fais du porte à porte
et flâne en pensée
avec une amante imaginaire
le long du boulevard.

A l ’aide de silhouettes dérobées
je me projette un film érotique

Quand je ferme les yeux
commence le peep-show

Et tout cela
pour une tasse de café.

 

 

(TENTATIONS Page 64,
trad.de Michel et Sigrid Wallon)