Yves Broussard

 

Yves Broussard est né à Marseille en 1937 où il vit depuis toujours. De 1960 à 1963 il a été membre du Comité de rédaction de la revue Action Poétique. En 1970 il a participé avec Jean Malrieu à la création de la revue SUD qui prend la suite des Cahiers du Sud dont il a assuré la direction pendant vingt ans, puis dAutre SUD. Il est directeur littéraire de la revue Phœnix depuis 2011 et membre du Conseil de rédaction des Archers, revue du théâtre Toursky à Marseille. Ses poèmes sont traduits en albanais, allemand, anglais (USA, Irlande, Australie), arabe, bulgare, chinois, espagnol, estonien, grec, hébreu, italien, japonais, ouzbek, portugais, roumain, russe, tchèque, ukrainien… C’est un grand voyageur, sur tous les continents. Ces voyages nourrissent sa poésie, même s’il revient toujours à ses paysages familiers du Sud. En 1998, la ville de Marseille lui a consacré une grande exposition rétrospective sous le titre Habitant la terre, Yves Broussard, poète.

Depuis 1983 et la publication de  Traversée de l'inexorable, SUD, qui lui a valu le prix Antonin Artaud, il a publié de très nombreux recueils, parmi lesquels Nourrir le feu, SUD, Prix Guillaume Apollinaire, 1987 ; Esquisses pour un autre lieu, SUD, Prix Henri Mondor (Académie Française) 1991 ; La Vie interprétée, Talus d'approche, Prix Charles Vildrac (SGDL), 1997 ; Passant obstiné, Autre Temps, 1997 ; Le Bestiaire insoupçonné, Le Taillis Pré, 2001 ; Pauvreté essentielle suivi de Digressions, Les Écrits des Forges / Autre Temps, 2001 ; La Nuit tremblée, Le Taillis Pré, 2002 ; Mesures de la vie, Le Taillis Pré, 2004 ; Tenir parole, Autre Temps, Prix de l’Académie de Marseille 2007 ; Grandeur nature, Le Taillis Pré, 2010. 

Choix de poèmes d'Yves Broussard

 

Poèmes inédits

Cette fleur
unique en l’espace flou
défie
le temps
et ses origines

À ses pieds
quelques pétales blancs

restés là
pour marquer
son infinie grandeur

 

*

Il neige avec splendeur
sur Bois Vésin

La montagne
en partie cachée

veille et pèse
Sur l’à peu près
du monde

 

*

Quelquefois
le sublime côtoie
l’inconscient supposé

C’est alors
que dans un frémissement
intense
le bonheur s’instaure

là où rien ne l’attendait

            Poème inspiré par la toile de Cézanne, La montagne Sainte-Victoire

 

 

 

Le Tout ou le Rien*

à Joëlle Gardes

Amitié vraie

Les poètes ici
ont laissé bien des traces

Traces de leurs passages
mais aussi traces de leurs rêves
partagés ou non

La porte disent certains
restera toujours ouverte
sur l’immense le tout et le rien

Et l’avenir nous rejoindra
cependant que dans la poursuite du voyage
la splendeur perdurera

L’infini et l’espérance
nous conduiront toujours
vers l’inespéré
avec la paix l’amour et la joie

De l’aube au couchant
la transparence
majestueuse en sa démesure
vivifie le parcours de l’homme
et lui confirme
le bonheur d’exister

cependant que l’espace et le temps
unis encore et toujours
dans la poursuite du rêve
confèrent à l’homme
toutes les raisons d’espérer

*

Toujours le ciel adorne
la montée
du siècle

Aux extrêmes
du Tout

Ménageant
le meilleur et le pire

Il s’affirme
en l’heure bleue
dans le chant du jour

comme d’autres
en la perspective du matin

* Cette suite a été publiée dans la revue Les Archers n° 26, juin 2015