El último gesto del pez (extraits)

 

Algunos poemas de : El último gesto del pez
Queques poèmes de : Le dernier geste du poisson
Traducidos del español (Colombia) por Rémy Durand
  Traduits de l’espagnol (Colombie) par Rémy Durand

 

 

Armario

La ropa
es hierba
aparece por las líneas siniestras del armario  
Veo animales cosidos 
un armario que me intenta espantar con sus dientes de
trapos
unos trapos que se arañan entre sí
El armario es tierra encendida
las hierbas brotan
la ropa se extiende
como criatura que incrusta sus uñas en el aire
El armario se burla
se burla
de los escalofríos que se rompen como porcelanas
de los escalofríos
de la calle que me viste  
que me salta como pez suicida al abrir la casa
El armario tiene escamas
El armario se traga las sábanas
El armario se traga los insectos
el timbre del teléfono
El armario se va tragando todo
ahora se traga él
se come a pedazos
hasta desplomarse
hasta consumirse.
hasta consumirse
hasta desplomarse
y
entonces
recojo
los restos y la hierba.

 

 

Armoire

Le linge
c’est de l’herbe
elle apparaît dans les sombres nervures de l’armoire
Je vois des animaux cousus 
une armoire qui essaie de me faire peur avec ses dents de 
chiffons
des chiffons qui s’entregriffent 
L’armoire est terre en feu
les  herbes jaillissent 
le linge s’étend
comme une créature qui plante ses ongles dans l’air  
L’armoire se moque
se moque
des frissons de peur qui cassent comme procelaine
des frissons
de la rue qui m’habille 
qui m’agresse tel un poisson suicide quand j’ouvre la maison 
L’armoire a des écailles
L’armoire avale les draps 
L’armoire avale les insectes
La sonnerie du téléphone
L’armoire avale tout  
maintenant elle s’avale elle-même 
elle se dévore
jusqu’à  s’effrondrer
jusqu’à se consumer 
jusqu’à se consumer 
jusqu’à s’effondrer
et
alors
je ramasse
les restes et l’herbe.

 

***

Procesión de gotas

 

Llueve
y es una lluvia que cae en silencio
sin palabras
Sólo cae en su soledad
en su terrible y sonámbula soledad
Ni siquiera logra despertar a los techos dormidos
Ni siquiera logra el ladrido del perro
Ni siquiera logra pronunciar un nombre
Es una lluvia que cae muerta
Sus gotas son espíritus
sombras de otras sombras
sombras de otras gotas
Ve y levanta sus muertos
Ve y levanta los muertos de la lluvia
que saltan y se le pegan como ácaros
a la calle
a la adolorida y farsante calle
y
la calle no es más que un sepulcro
que le toca tragar muertos y más muertos
muertos que no pidió
muertos que no le importan
que no necesita
que la buscan como el último lugar para quemarse 
muertos
Hay gotas de lluvia que se vuelven sortijas en los dedos
o peces
sobre el tejado
Hay gotas de lluvia que se estacionan en los ojos para
espantar la lágrima
para curar los cristales
los ebrios y
filosos cristales
Pero eso que cae afuera
eso que cae es sólo una procesión de gotas
hilos fúnebres de gotas
que nos arrojan a la cara
que nos echan en cara
todos nuestros muertos.

 

 

Procession de gouttes

 

Il pleut
c’est une pluie qui tombe en silence 
sans paroles
Elle tombe seulement dans sa solitude 
dans sa terrible et somnambule solitude
Elle ne parvient même pas à réveiller les toits endormis 
Elle ne parvient même pas à ce que le chien aboie 
Elle ne parvient même pas à pronocer un nom 
C’est une pluie qui tombe morte 
Ses gouttes sont des esprits  
ombres d’autres ombres
ombres d’autres gouttes
Elle voit et relève ses morts 
Elle voit et relève les morts de la pluie
qui bondissent et se collent à elle comme des acariens
à la rue
à la rue endolorie usurpatrice
et
la rue n’est plus qu’un sépulcre
contrainte d’avaler des morts et encore plus de morts 
des morts qu’elle n’a pas demandés
des morts dont elle n’a que faire
dont elle n’a pas besoin
qui la cherchent comme l’ultime endroit pour se brûler 
morts
Il y a des gouttes de pluie qui deviennent des bagues aux doigts
ou des poissons
sur le toit
Il y a des gouttes de pluie qui s’installent dans les yeux pour 
effrayer la larme
pour soigner les miroirs
les gens ivres et  
les vitres trachantes
Mais ce qui tombe dehors 
ce qui tombe ce n’est qu’une procession  de gouttes
de funèbres fils de gouttes 
qui nous lancent à la figure
qui nous jettent à la figure
tous nos morts.

 

***

 

El patio

 

No hay hormigas
No hay hormigas
El patio está enfermo
No hay hormigas
No soportaron los insectos de la fiebre
No soportaron ver al patio tomando la luz
de la tarde como jarabe
El patio está enfermo
Lo sé
¿Pero a dónde van los patios cuando mueren?
¿A dónde irá mi patio cuando muera?
¿Cómo nombraré su muerte?
¿Cómo invitaré a sus rezos?
El patio está enfermo
Lo sé
y no hay hormigas
No hay hormigas
que sostengan su cuerpo cuando caiga.

 

 

Le patio

 

Il n’y a pas de fourmis
Il n’y a pas de fourmis
Le patio est malade
Il n’y a pas de fourmis
Elles n’ont pas supporté les insectes de la fièvre
Elles n’ont pas supporté de voir le patio jouir de la lumière sirupeuse
de l’après-midi
Le patio est malade
Je le sais
Mais où vont les patios quand ils meurent ? 
Où ira mon patio quand il sera mort ? 
Comment nommerai-je sa mort ?  
Comment inviterai-je à ses prières ?
Le patio est malade
Je le sais
et il n’y a pas de fourmis
II n’y a pas de fourmis
qui soutiendront son corps quand il tombera.

 

***

Mofa

 

Aburren los edificios
El grito de los carros
Aburre el afán
y los autobuses que nos vienen a buscar para
torturarnos
Aburren los días especiales
Aburren los acuarios
Esos centros de la mentira y
sus vitrinas que hacen mofa
Aburre el ruido tonto del televisor
El silencio de los periódicos
Las páginas sociales
Esos séquitos de la moda con su gente de tela 
Aburre escribir esto
A casi nadie le importa este aburrimiento
y eso
eso
también aburre.

 

 

Raillerie

 

Ennui
les édifices
Le cri des voitures 
Ennui
le désir
et les bus qui viennent nous chercher pour
nous torturer
Ennui
les jours de fête
Ennui
les aquariums 
Ces commerces du mensonge et 
leurs vitrines qui se fichent du monde
Ennui
le bruit idiot de la télévision 
Le silence des journaux 
Les pages “société”
Ces défilés de mode avec ses gens de toile 
Ennui
que d’écrire ceci 
Presque tout le monde s’en fiche de cet ennui 
et ça
ça aussi
ennui
encore.

 

***

 

Acuario

 

Entro al acuario
El caracol se abre para dejarse penetrar 
Algunos peces incrustan sus ojos a los vidrios  
y a los solares abiertos para el sol
Veo de cerca peces rojos de tanto lápiz labial
peces con las bocas llenas de sudor
peces muertos
muertos de la risa
muertos del hambre
Aquí van peces viejos
peces que se van a tragar otros peces
peces que se creen pájaros
peces que no se creen nada
peces que no abren sus ojos por pura pereza
lagañosos de espíritu
con la saliva oxidada
peces del mar
del río
de la tierra
peces de las calles
peces de motel
peces que duermen para no verse morir
peces aburridos
que se van escupiendo
que inauguran monumentos por no tener nada que hacer
Aquí van peces que no se inventan nada
peces que se echan telas encima para no morirse de frío
y otros simplemente para posar de bien vestidos
peces que no hablan o que hablan mucho para decir
poco
peces que ladran que huelen muy mal por tanto perfume
peces que tocan tambor
y balbucean con la gaita
peces que van a la fiesta
a los entierros
a la rutina
peces que se enteran y otros que no se dan ni por
enterados
peces que siembran cuchillos en las espaldas
Desde aquí se ven pasar esos peces que han comprado
acuarios
para evitar revolcarse en los sudores de otros
para morirse solos en su propia mugre
para presumir la estupidez o simplemente porque se les  
da la gana
peces que se quejan y nadie escucha
peces insoportables
vendidos
que se dejan seducir por la carnada
peces que bostezan para tragarse el mundo y sólo se
tragan una mosca
Aquí y en las calles se ven pasar peces de diarios con   
malos olores en las manos por escribir tantas mentiras o
medias verdades
peces perdidos en este acuario sin agua
en esta ciudad de tierra
tan dolorosa
sobreviviente a silencios
a escombros
peces esperando que los dejen dignamente en algún
lugar
que entran al acuario para morir un poco
Aquí van peces
y peces
y más peces
perdidos
enredados
muertos
muertos de la risa
muertos del hambre
muertos del miedo
en este autobús sin alma.

 

 

Aquarium

 

J’entre dans l’aquarium
L’escargot s’ouvre pour se laisser pénétrer 
Quelques poissons incrustent leurs yeux sur les vitres
et sur les terrains vagues ouverts au soleil
Je vois de près des poissons peinturulés de rouge à lèvres
des poissons les bouches pleines de sueur 
des poissons morts
morts de rire
morts de faim
Voici de vieux poissons 
des poissons qui vont avaler d’autres poissons   
des poissons qui se prennent pour des oiseaux 
des poissons nihilistes
des poissons qui n’ouvrent pas les yeux par pure paresse 
l’esprit chassieux
la salive rouillée 
poissons de mer
de rivière
de terre
poissons de rues
poissons de motel
poissons qui dorment pour ne pas se voir mourir
poissons qui s’ennuient 
qui crachent
qui inaugurent des monuments parce qu’ils n’ont rien à faire
Il y a des poissons qui n’inventent rien
des poissons qui se couvrent de tissus pour ne pas mourir de froid
et d’autres simplement pour se vanter d’être bien habillés
des poissons qui ne parlent pas ou qui parlent beaucoup pour dire
peu
des poissons qui aboient et empestent à trop s’inonder de parfum
des poissons qui jouent du tambour 
et balbutient  de la gaita
des poissons qui vont faire la fête
qui vont aux enterrements
à la routine
des poissons qui  s’informent et d’autres qui n’en ont rien 
à faire
des poissons qui sèment des couteaux dans les épaules
D’ici on peut voir passer ces poissons  qui ont acheté
des aquariums
pour éviter de se rouler dans la sueur des autres 
pour mourir seuls dans leur propre crasse 
pour vanter la stupidité ou simplement parce qu’ils
en ont envie
des poissons qui se plaignent et que personne n’écoute
des poissons insupportables 
vendus
qui se laissent séduire par des appâts
des poissons qui baîllent pour ingurgiter le monde et ne font
qu’avaler une mouche
Ici et dans les rues on voit passer des poissons-journaux-du-jour, 
qui puent des mains à tant écrire de mensonges ou
de demi-vérités
des poissons perdus dans cet aquarium sans eau
dans cette ville de terre
si douloureuse
qui survit aux silences
aux décombres
des poissons qui attendent qu’on les laisse dignement
quelque part
qui entrent dans l’aquarium pour mourir un peu 
Ici passent des poissons
et des poissons
et encore plus de poissons
perdus
emmêlés
morts
morts de rire
morts de peur
morts de peur
dans cet autobus sans âme.

 

***

 

El último gesto del pez

 

¿Y quién eres?
El último gesto del pez
Una sílaba que nadie usa
Las sobras de un abrazo
Un circo con ciegos trapecistas
La mueca del payaso
Un calendario de cuerda   
Un puñado de alfileres
Una jaula para hormigas amarillas                                                                                                  
Un pez que llegó a morir lejos del mar
¿Y tú quién eres?
El mar que vino a ver cómo mueren sus peces.

 

 

Le dernier geste du poisson

 

Et qui es-tu ?
Le dernier geste du poisson
Une syllabe que personne n’utilise
Ce qui reste d’une étreinte
Un cirque avec des trapézistes aveugles 
La grimace du clown
Un calendrier mécanique
Une poignée d’épingles
Une cage pour fourmis jaunes 
Un poisson qui est allé mourir loin de la mer
Et toi qui es-tu ?
La mer qui est venue voir comment meurent ses poissons 

 

***

 

Conversación simple

 

¿Qué pasaría si se convirtiera   
en pez o tal vez en murciélago?
Nada
Simplemente el teatro se quedaría sin piano.

 

 

Simple conversation

 

Que se passerait-il s’il se transformait
en poisson ou en chauve-souris
Rien
Simplement le théâtre resterait sans piano.

 

***

 

Los semis

 

Semi desnudos
Semi vivos
Semi tristes
Semi felices
Semi muertos
Semi todo
Semi nada
Semi abrazos
Semi adioses
Semi lágrimas
Semi palabras
Semi peces
Semi semis
Semi somos
No piel
No cuerpo
No espíritu
No humanos.

 

Les mi

 

Mi-nus
Mi-vivants
Mi-tristes
Mi-heureux
Mi-morts
Mi-tout
Mi-rien
Mi-étreintes
Mi-adieux
Mi-larmes
mi-paroles
Mi-poissons
Mi-semis
Mi-nous-sommes
Pas peau 
Pas corps 
Pas esprit 
Pas humains.

 

***

Tierras de ajonjolí

 

Mira que es triste dejar caer un globo
Mira que el abismo se oculta entre las hojas
Mira que las sombras se atrapan como moscas
Mira el río
Mira las calles sin nombres que se dejan nombrar
Mira que podría recoger olivos
ojos de aceitunas
tierras de ajonjolí
Mira las luces de bengala
Mira que hay lugares donde los espejos se tejen
donde los peces lloran a los globos que mueren
Mira esas lágrimas de trigo a luz del sol
Mira que los rayos a veces retoñan y
suelen incrustarse como lámparas afiladas  
como la última punzada de la aguja
Mira los tambores
Mira el mar cuando se recoge
Mira el temblor de los peces al llegar a la orilla
Mira los árboles soltando restos de la lluvia
Mira los cementerios en las oficinas
Mira el río
No es el río
Es un fantasma  
La ciudad lo mató
mira los trapos extraviados entre la espesura de las
calles
Mira el horror de sus abrazos
El filo de sus halagos
Mira la ciudad
Es un fantasma
Esos trapos la mataron
Mira
no dejes caer el globo
Mira que es triste
Mira que duele
La ciudad es un fantasma.

 

 

Terres de sésame

 

Regarde comme c’est triste de laisser tomber un ballon 
Regarde comme l’abîme se cache entre les feuilles 
Regarde comme les ombres s’attrappent comme des mouches 
Regarde la rivière
Regarde les rues sans nom qui se laissent interpeler
Regarde je pourrais accueillir des oliviers 
des yeux d’olives
des terres de sésame
Regarde les feux de bengale
Regarde il y a des endroits où les miroirs se tissent
où les poissons pleurent quand meurent les ballons
Regarde ces larmes de blé à la lumière du soleil
Regarde les rayons quelquefois renaissent et 
ont coutume de s’incruster comme des lampes tranchantes
comme la dernière piqûre de l’aiguille
Regarde les tambours  
Regarde la mer quand elle se retire
Regarde comme tremblent les poissons quand ils arrivent sur la berge
Ragarde les arbres qui s’ébrouent des restes de pluie
Regarde les cimetières dans les bureaux 
Regarde la rivière
Ce n’est pas la rivière
C’est un fantôme
La ville l’a tuée
regarde les chiffons égarés entre l’épaisseur des
rues
Regarde l’horreur de ses étreintes
Le tranchant de ses flatteries
Regarde la ville
C’est un fantôme
Ces chiffons l’ont tuée
Regarde
ne laisse pas tomber le ballon
Regarde comme c’est triste
Regarde comme ça fait mal
La ville est un fantôme.

 

***

 

Peces

 

Las gotas de lluvia
son peces que se
escapan de algún lugar
que caen sobre los ojos
sobre las calles del cabello
Se meten entre la ropa
Se pierden en el cuerpo
para morir
para dejar la sombra
Las gotas de lluvia son peces
que se escapan de algún lugar
que caen sobre la ciudad
y la ciudad se los traga
como animal devorando insectos.

 

 

Poissons

 

Les gouttes de pluie
sont des poissons qui
s’échappent de quelque part 
qui tombent sur les yeux
sur les rues de cheveux
Ils s’introduisent dans les vêtements
Se perdent dans le corps
pour mourir
pour laisser l’ombre
Les gouttes de pluie sont des poissons 
qui s’échappent de quelque part
qui tombent sur la ville
et la ville les avale
comme un animal qui dévore des insectes.

 

***

 

Desde el tren

 

Hoy descubrí que los peces se ahogan en la ropa mojada
Que París es un caracol  
Que los castillos amarillos existen al sur
Que las llegadas de los trenes producen un cierto espasmo
una leve y monstruosa saliva en los ojos

Descubrí calles que se creen arañas
Las hijas del sol en las hojas de otoño
Palomas sin miedo a los pies

He visto un río sin pliegues
No se parece a los otros
He visto  trenes abalanzarse
sobre tanta gente como serpientes
Una piedra mítica
La mitad de un arco iris

Descubrí que los paraguas se extravían para convertirse en fantasmas
que algunos peces han escogido una rara forma de morir
Una ciudad de ecos
de rayuelas
de parques musicales
y castillos de agua
Un macabro baile de
campanas en una sola calle
Descubrí que las estaciones de trenes producen ansiedad
Allí fue imposible imaginarme el amor
Descubrí que los trenes son egoístas
No les interesa conocer a nadie
Descubrí que los molinos de viento se reúnen en algún lugar del mundo para hablar del viento
He visto la luna como una gota de agua cayendo sobre el río
Globos que se convierten en peces
Papeles anaranjados como cielos
Carruseles dorados
Ciudades a donde llegan los objetos perdidos  
Hoy descubrí que prefiero aquellos trenes antiguos
Que nadie vendrá a borrar la sombra
La cicatriz del viento
Descubrí
cómo salvar peces en la ropa mojada.

 

                                    
Du train

 

Aujourd’hui j’ai découvert que les poissons se noient dans du linge mouillé
Que Paris est un escargot
Que les châteaux jaunes existent au sud
Que les arrivées de trains produisent quelque spasme
une légère et monstrueuse salive dans les yeux

J’ai découvert des rues qui se prennent pour des araignées
Les filles du soleil dans les feuilles d’automne
Des colombes sans peur à leurs pieds

J’ai vu une rivière sans plis
Elle ne ressemble pas aux autres
J’ai vu des trains se jeter  
sur une multitude comme des serpents
Une pierre mythique
La moitié d’un arc-en-ciel

J’ai découvert que les parapluies se perdent pour se transformer en fantômes  
que certains poissons ont choisi une forme étrange de mourir
Une ville d’échos
de marelles
de parcs musicaux
et de châteaux d’eau
Une danse macabre de
cloches dans une seule rue
J’ai découvert que les gares sont anxiogènes                                                                               
Là il m’a été impossible de m’imaginer l’amour
J’ai découvert que les trains sont égoïstes
Peu leur importe de connaître quelqu’un 
J’ai découvert que les moulins à vent se réunissent
quelque part dans le monde
pour parler du vent
J’ai vu la lune comme une goutte d’eau qui tombe sur la rivière
Des ballons qui se transforment en poissons 
Des papiers orangés comme des ciels
Des caroussels dorés
Des villes où arrivent les objets  trouvés
Aujourd’hui j’ai découvert que je préfère ces trains anciens
Que personne ne viendra effacer l’ombre 
La cicatrice du vent
J’ai découvert
Comment sauver les poissons du linge mouillé.