NOS CORPS

 

C’était comme si nos corps s’effondraient dans le soir
Que les branches, plus haut, multipliaient
Comme si nos forêts trouvaient à boire
Dans l’ombre et comme si ce soir
Était pour nos regards un merveilleux visage
À embrasser et à aimer.

Nos hâtes heurtaient la nuit. Notre connaissance
Des matins et des soirs était si frêle encore
Que nous voyions à l’ange des ailes froissées.

(Encore que les lampes s’encombraient
De papillons et de rêves pour la pensée
Ou qu’elles semblaient s’illuminer
À la façon de lucioles et d’étoiles.)

 

 

Poème extrait du livre Les Effigies (Librairie-Galerie Racine, 2013)