Attente s'écoule...

 

 

Texte n°1 

 

Attente s’écoule au bout du corps
Flétrie et meurtrie de tant d’oublis
Blessure du temps, j’y glisse
À en sortir pour y pénétrer à nouveau
Éboulement des chairs et fuite en avant de l’envie
Les mots t’ouvrent au geste
T’emporte alors le rythme des voyelles solitaires

 

 

Texte n°2 

 

Trace de toi, toi sur la trace du temps
Toi, tout toi sur cet espace mobile
Gestes, paroles, émotions, des arrêts à répétition
Tu marches, tu parles, tu souris aussi
Et la langue de nos yeux inscrit ton parcours
Trajet qui imprime sa marque aux lieux traversés
Trajets à emmener voir la mémoire
Trace de toi, trace de nous
Trajectoire au cours des jours toujours
Trajectoire qui expérimente tout être au monde

 

 

Texte n°3 

 

Main tendue sur la plaine
Appel par-delà la verdure
Attraper tes doigts
Déesse des eaux et du feu
Main nue et lisse à la vie
Les caresses qu’elle ne peut maîtriser
Boulimisent l’oubli
Le crépitement qui nourrit l’embrasement
Jusqu’aux flux automnaux
Évident la solitude du moment

 

 

Texte n°4 

 

Vitre ouverte à l’envie
Les voiles de l’averse la ravissent
Elles invitent au dévers
Bruit de la nuit sur l’élégie
Où s’allongent les ombres des cris
Transparence de chaque côté des désirs
Je suis la dérive du vertige
Et tu inverses le sens du vent vers le revers

 

 

Texte n°5 

 

Sous les rayons du soleil s’écoulent tes pas
Marche séculaire des journées héréditaires
Le paysage s’écrit aux couleurs de son époque
Monts, vaux, maisons, rivières et mers
Tes trajets qui foulent tous ces éléments
Pendant que des mots trop érodés perdent leurs voyelles
Et que, fragilisé, se casse le fil de ta pensée
Vite, brièvement, sauter les étapes
Jusqu’au débordement des idées ondulées
Lettres, mots écourtés pour réfléchir ces sens effrités
Sous les rayons du soleil s’écroule ta vie
Restant assis devant la crue de trous blancs