Celle qui reste confidente

 

Celle qui reste confidente
par-delà le silence
égrène les soleils de chaume

elle a presque oublié la couleur du pont
qui brillait plus fort que ses larmes

elle remonte avec l’amoureux
quelques arpents de route

là où juillet venait de loin
accompagner l’éternelle maison
vers les baisers dans l’ombre

là où la plaine étroite
gardait du blé pour ses cheveux

pour une lumière entre elle et lui
chaude comme un frisson de fin de jour
innarrêtable
dangereux
serpent de gouffre anguille de l’orage
que l’automne et l’hiver ont chassés
sans effacer les pistes lancinantes

 

"Damier du destin", (Encres Vives)