Rue Ganneron

 

Il y a du vert ici ! et une odeur
de terre défoncée et le ciel se courbe
comme le long d’un ruisseau les soirs de pluie ;
c’est que les vrilles tendres dessus le mur
plongent leurs racines dans le sol des morts,
habillent les poteaux jusqu’aux fils vibrants
sur les têtes basses des marcheurs au long
cours – d’où viennent-ils, entre plages de chaud
et refuges d’ombre qui rythment l’espoir
parmi des maisons étranges, mutilées
béantes, les parois sorties, impudiques…
Les travaux ont l’air arrêtés à jamais.
Le temps s’est figé sous le jour qui ruisselle.
L’air patient accueille nos cœurs de mortels.
 

 

extrait de La forme d'une ville