Il te reste si peu...

 

Il te reste si peu.

 

Des mains de pierre – lourdes, lourdes ; 
elles ne conduisent plus l'arc électrique.

Du mauvais sang,  
monté en circuit fermé.

Deux grands yeux tristes,
avec le deuil pour horizon.

Des médailles !
à la raison sociale.

Une vieille force fiévreuse – 
comme échappée bleuie sous les coups de ton cœur,
mourant aux lèvres défleuries ses battements frileux ! 

 

Le silence,
dressé sur la pointe des pieds – 
et puis prenant comme plâtre.

Tempes vrillées,
traversées de vipères
d'un bord à l'autre.

Ta liberté, joue glabre et vaine sans défense, 
inévitablement livrée
aux pierreries glacées et ivres de la nuit.