Haïku par-dessus tête II (suite)

 

sourde geôle des fontaines

étrillées d’écume :

à l’hydre répugne l’outre
 

 

 

du bec si vif en bas-fonds

boueux ces cygnes

jouent déjà « Viande sans tête »
 

 

 

mille alcées décapitées

rançon ahurie

seing d’un pillard innocent
 

 

 

cascade où reste rugir

veuve au vif assaut

la source la joie l’émeute
 

 

 

épaulant l’équarisseur

la bête écorchée

s’arrime à son porte-croix
 

 

 

au choc mat du fruit blet

frémit chaque été

ma chair de plus lent soleil
 

 

 

tu n’oublies l’arbre attendant

haute vie de bête

quand suinte en août sa sève
 

 

 

poésie pieux accident

vertueux démon

liant au lit le torrent
 

 

 

coq ou paon aucun jabot

ne se veut lissé

qu’à coups de bec fort feutrés
 

 

 

l’yeuse où palpitent les jours

seule s’effeuille

qu’y meure l’aboi du vent