Le boulier cosmique, extrait 1

 

     Il fallut quitter la bonne maison et sortir aux heures les plus matinales, pressé par le vertige de l’or, le corps sabré de vertus, de promesses non tenues, de désordres. Il était temps d’arracher les victoires à leurs béances crédules et de risquer tout parmi les vivants. La préhistoire pouvait enfin approcher dans sa beauté première, avec ses cromlechs, ses vasques douloureuses, ses martyrs aux yeux désaxés, ses épuisantes sablières. La lumière trouverait chacun à sa place, avant de reprendre l’ordre de la vie.
Je partis le soir même pour le Nouveau Monde.
 
 

Extrait de Le boulier cosmique, parution septembre 2013, éditions Ad Solem