Le boulier cosmique, extrait 5

 

     J’ai marché sans vous à mes côtés. Vous étiez l’impatiente attente qui sauve, la mère de mon amour. J’ai attendu dans l’agitation des gares la place qui me serait faite. J’ai dormi sur des bancs, dans l’humidité froide d’un destin. Je n’ai jamais renoncé à votre parole. Quelle beauté était la vôtre. Côte à côte au long de ces promenades de tendresse, votre châle serré sur vos épaules, vous étiez la douceur même.
     Que peut-on établir de cet étirement du temps, de l’universalité des rues à travers les coutumes, les rites, les retrouvailles ? Votre main éloignée dans l’eau, votre haleine née à l’aube du visage. Ce demain porte l’esprit en sa raison profonde. Nous ne possédons rien que le dialogue de cet amour avec notre langage.
 
 
 
Extrait de Le boulier cosmique, parution septembre 2013, éditions Ad Solem