Fondamenta Contarini

 

Fondamenta Contarini, ces mouettes se délectant d’un pigeon, au jour, couchant presque, viscères comme dans Anatomical Marriage, Female de Julie Roberts, rasant l’eau tempête pareillement à une architecture spectrale, ailes des oiseaux arrivant encore (je veux dire cendres pilées dans le blanc), dans leur corps âmes semblables, invisiblement suivant un joint que forme avec le ciel l’apex des immeubles là-bas, et le sommeil côtier qu’ils déplacent, (à l’équerre des nuages), le délassement du vent dans leurs plumes tierçant un panneau dépoli (de clarté), oiseaux que fuit du regard l’enfant par ex. : un rêve d’avance l’appelle comme amarre une coque, avant elle, lévrier à la poupe, son pelage épais, sacs Billa, ombres d’anses allongées glissant à quai, un geste-jaune de main – quelle main ? –, et les traces d’eau dirait F.P., etc., dans la proximité des algues…

 

   Extrait de Venise, illustré par David Hébert, Les Vanneaux, 2012