Poètes

 

Quand plus personne ne nous lira
que nous serons enfin bien morts
sous des kilomètres de neige
peut-être restera-t-il malgré tout quelque part
un regard pour prendre mesure
de cette lueur que nous fûmes

et s'arrêter sur l'arbre d'en face
comme je m'arrête aujourd'hui sur ton nom
toi qui reposes depuis huit siècles
sous le calcaire bleu d'un gisant
et me réchauffe pourtant le cœur
par tout ce poids de mots amortis par les ans.

 

 

  paru dans le mensuel "Aujourd'hui Poème", n° 25, 2001