The Fullness of Time

 

Standing before the empty boxes my father dragged
from the local market this morning I proceed slowly, 
imagining him surveying the selection out the back
of the parking lot: boxes that once held stacks of cookies,
jars of mustard, bottles of bleach, soon to be filled

to the brim with the clothes my mother loved to buy. I do not know
if she loved me, though she tossed the words in my direction
at the end of every conversation between us.  Love, she said, You,
she said –   but I know she loved these clothes by the way her eyes
lit up as she entered shopping malls and how she would run

her expert hands along racks of clothes, fingering the silks,  
the cottons for quality and line, savoring the fluttering
assistants at the check-out, the delicious rustle of tissue paper. 
And back home, folding the chosen item lovingly and placing it
in the cupboard that I will now empty.

 

 

La Plénitude du Temps

 

Debout devant les caisses vides traînées par mon père
depuis le marché voisin ce matin j’agis lentement,
l’imaginant qui surveille le tri derrière l’emplacement
des parking : des boîtes ayant naguère contenu des piles de cookies,
des pots de moutarde, des bouteilles de javel, et bientôt emplies

à ras bord avec les vêtements que ma mère aimait acheter. Je ne sais
si elle m’aimait, bien qu’elle lançât les mots vers moi
à la fin de chacune de nos conversations. Mon amour, disait-elle,
mon amour - mais je savais qu’elle aimait ces vêtements à la façon dont ses yeux
s’allumaient quand elle entrait dans les galeries commerciales et comment elle passait

ses mains expertes le long des présentoirs de vêtements, touchant du doigt les soies,
les cotons pour  la qualité et la ligne, savourant le tourbillon
des vendeurs à la caisse, le délicieux bruissement du papier de soie.
Et de retour à la maison, pliant amoureusement les articles choisis et les plaçant dans le placard que je vais maintenant vider.

 

Traduction de Marilyne Bertoncini