Dans la perte de la mémoire

 

Dans la perte de la  mémoire

une femme bleue était allongée

elle cachait dans ses bras

de ces oiseaux gelés

que la lune souffle la haute nuit

sur les épaules nues du portrait.

 

Et du portrait naissaient des fleurs

(deux yeux deux seins deux clarinettes)

qui par moments dans la journée

poussaient prodigieusement

pour que les bicyclettes de mon désespoir

courent dans mes cheveux.

 

Et sur les bicyclettes qui étaient des poèmes

arrivaient mes amis hallucinés.

Assis en désordre apparent,

les voici à engloutir régulièrement leurs pendules

tandis que l’hiérophante chevalier armé

bougeait inutilement son unique bras.