La femme Polyandre

 

Les pavés de ma rue
Ont la marche
Des matins
Atones
Un rien aphone
Sur le sol
Désaccordé
De ma portée
Le malheur
M’a-t-on dit
Est une femme
Polyandre
Jamais deux
Sans trois
Sur les grands talons
De ses hauts chevaux
Elle
La soulaison
Mauvaise
Un accent d’absinthe
Où la bulle
Porte à chaque
Souffle
L’arrogance
De la souveraineté
Jamais deux
Sans trois
Le ver déjà dans
Le flux
A cheval sur deltas
Et détroits
Estuaires
De l’enfer
Tirant langue
De vague
A l’angoisse de la berge
Deux sans trois
Et ce ressac
Qui me blesse
En pleine terre

Parce qu’elle n’est fidèle
Qu’en un soir
De trente février
La polyandre
Me fait redouter
La danse caverneuse
Du sablier