FOURTEEN TIMES SAYING RAIN FOR TOM / Quatorze Façons de Nommer la Pluie pour Tom

 

After heat, and the hills damply nudging,
rain falls on timely sleep.

The high darkness of Taringa under inkwash sky
is groves for dancers;

wide-eyed streetlamps scatter
and crossings pose blinking, canted among ridges, St Lucia.

Your plants stand open as bowls and alert as retrievers
on the back verandah,

blest spirits revive,
around us the River courses heaven and earth.

The lovers switch on a jiggety radio, low,
switch it off for rain-sounds –

great murmur of rain spreading over suburbs and into the hills
- splashes on a path –

sluicing down the gutter-spout – runnels and drips by the louvres –
splatter, a broad leaf.

By a swimming-pool light
the elephant-beetle gleams and fronts up, shirring and threatening
and cane-toad flop in the wet,
hands of creation feeling coolness, feeling grass-runners,

or flattened lie pale to the blackness of rained-on bitumen
or silt down in dirt roads.

There is not loneliness – your room all round me
drinks sounds of life,

the aluminium plant ailing outside
lifts, unfolds, remakes language,

the mid-air silvery darkness easily, easily
prints thought like touch.

 

  

 

Après la chaleur et  l'écrasement moite des collines,
la pluie tombe sur le sommeil opportun.

En haut l'obscurité  de Taringa sous le ciel d'encre
est un  bosquet pour des danseurs,

des réverbères aux yeux écarquillés s'éparpillent
et des passages cloutés clignent  en penchant parmi les stries, St Lucia.

Vos plantes se tiennent ouvertes comme des bols et vigilantes comme chiens à l'arrêt
sur la véranda de derrière,

des esprits bénis revivent,
tout autour la Rivière entraîne terre et ciel.

Les amoureux allument une radio frétillante, tout bas,
l'éteignent pour la pluie – les sons -

un long murmure de pluie s'épand sur les faubourgs et dans  les collines
- plouf dans un chemin –

lessive les gouttières – s'écoule et goutte le long des  persiennes -
éclabousse, une large feuille.

Dans une lumière de piscine,
le scarabée-éléphant luit et fait front, crissant de menaces
et les crapauds-buffles s'affalent dans le mouillé,
mains de la création sentant la fraîcheur, les racines rampant  
dans l'herbe,

ou s'écrasent, étendus pâles sur la noirceur du bitume détrempé,
ou s'envasent dans la boue des chemins.

Il n'y a pas de solitude – votre chambre autour de moi
boit les sons de la vie,

la plante d'aluminium qui souffre dehors
soulève, déploie, refait le langage,

l'obscurité argentée de l'air, bien facilement
imprime la pensée de sa touche.

Traduction : Marilyne Bertoncini