KNIFE IN HEAD / COUTEAU EN TETE

 

In the heads of millions it is found -
knife in head.
The barb of injustice nests there.
It turns and festers.

This man has queued
for days at the check-point.
His family needs food and medicine.
On the other side is work.
More buildings for a rich nation.
On his side, foreigners
snatch land and build.
Foreign troops in tanks
plough up streets, homes,
livelihood, memories.
In the wrecked market
anger enters at the eyes
invades the brain
seats the blade
drives the point home:

nothing can staunch his shame
but the dead he’ll claim, the body-count.
Knife in head.
This girl is a student.
In her angry city
her brothers are out throwing stones
at the tanks of the occupying forces -
for them, no chance
of safety, good years, travel.
Her people have stopped listening
for those rumours of a sound-track
from a receding planet.
Her cousin one year older
became a dead hero.
People in her street have been killed.
She straps the explosive packets under her breasts.
For her, no wedding, but a name
in the lengthening list of martyrs.
Every day will heap dust on her sacrifice.
The bus pulls up
full of the justified -
people with high fences,
people who can travel everywhere.
She moves up the aisle and sits
next to a woman with a child.
Knife in head.

 

 

Dans la tête de millions de gens on le trouve -
couteau en tête.
Les dards de l'injustice font leur nid ici.
S'enroulent et  couvent.

Cet homme a fait la queue
pendant des jours au poste de contrôle.
Sa famille a besoin de nourriture et de médicaments.
De l'autre côté se trouve le travail.
Encore des constructions pour une nation riche.
De son côté, des étrangers
volent la terre et construisent.
Des troupes étrangères dans des blindés
ratissent les rues, les maisons,
les moyens de vivre, les mémoires.
Sur le marché dévasté
la colère entre par les yeux
envahit le cerveau
fait le lit de la lame
enfonce le clou :

rien ne peut étancher sa honte
sinon les morts qu'il réclame, le compte des morts.
Couteau en tête.

Cette jeune fille est étudiante.
Dans sa cité en colère
ses frères dehors jettent des pierres
aux blindés des forces d'occupation -
aucune chance pour eux
de sécurité, d'années heureuses, de voyage.
Son peuple a cessé de guetter
les bruits d'une bande sonore
venant d'une planète en fuite.
Son cousin d'un an plus vieux qu'elle
est devenu un héros mort.
Des gens dans les rues ont été tués.
Elle attache les explosifs sous sa poitrine.
Pour elle, nul mariage, mais un nom
dans la liste toujours plus longue des martyrs.
Chaque jour couvrira de poussière son sacrifice.
Le bus s'arrête
empli des justes -
gens à hautes clôtures
qui peuvent voyager n'importe où.
Elle remonte l'aile et s'assied
à côté d'une femme et de son enfant.
Couteau en tête.

Traduction : Marilyne Bertoncini