THE REPROACH / LE REPROCHE

 

“I’ve never changed.” Your problem, friend,
though I can’t say I’m not pained.
Regret? That nudges up to blame.

Constancy. What’s the use, what price
lies decades old – that curse
we needn’t carry on. What worlds

we’ve lived since our uncertain dallying.
Your hand on my arm, pressed oddly;
both of us led with ploys we couldn’t follow,

the closeness jarred. Still we write cards,
replay the mistaken sharing
of times when we so truly cared.

 

“Je n’ai pas changé.” C’est ton problème, mon ami,
même si je ne peux pas dire que je n’ai pas de peine.
Du regret ? ça encourage au blâme.

La constance. A quoi ça sert, quel prix
depuis des décennies – cette malédiction
que nous ne devrions pas porter. Quels mondes

avons-nous vécus depuis notre hésitant badinage.
Ta main sur mon bras, pressée étrangement :
chacun de nous menait des plans que nous ne pouvions suivre,

l’intimité faisait mal. Pourtant nous écrivons des cartes,
rejouons les partages erronés
des temps où nous nous aimions tant.

Traduction : Marilyne Bertoncini