ANNONCIATION DU FEU [2]

 

   Le temps bouillonne dans sa coquille de feu.
   Lorsque la terre pressure ses crevasses palpitantes
   des vagues de secours repoussent les chaînes
   les chaînes de boue que le bon Dieu mit un jour
   comme une écorce éternelle
   comme une cuve d’où claque
   le coup de fouet brûlant
   qui endort et réveille au plus profond
   au plus obscur
   au centre
   de la peau argileuse.

   Le feu parfois vomit
   comme une ruche fendue en deux.
   Écorce du temps.

 

Choix et traduction de l’espagnol (Argentine) par Yves Roullière