Feu [4]

 

   Les feuilles sur la pointe des pieds
   se nourrissent de brouillard
   et la mémoire est froide.
   Mais lorsque le palais de la nuit
   est baisé par la voix qui fait mal
   une flambée crépite parmi l’herbe.
   Alors je compte les ombres
   je classifie les obscurités
   pour éviter que l’oiseau de nuit ne me frôle.
   Puis un galop de chevaux
   défigure les constellations
   ouvre leurs gueules
   respire des couleurs jaunes.
   Et je suis au milieu du feu
   sans que je me brûle.

 

Traduction Yves Roullière