Cigale

 

Saison de plaine immense,
été,
la cigale ne veut pas de la forêt,
sur la pierre est un gémissement
de longue brûlure. Je me rends
à la terre avec des mains ennemies
et déjà l’œil perd son ciel,
le sommeil est plus docile que l'eau
dans la veine des fûts. 
Ne me dites pas que la mer
est là où j’imagine un lent
désert et la soif creuse
une grotte et des barques au bord
que remue un souvenir de vent.
De prétentieux filets mettent le soleil
au sec et le moineau échappé
à la main de l'enfant
qui ressemble au matin.

Traduction André Ughetto

 

 

Cicala

 

Stagione immensa di pianura,
estate,
la cicala non vuole foresta,
sulla pietra è lamento di lunga
arsura. M'arrendo
alla terra con mani nemiche
e già l'occhio perde il suo cielo,
è più docile il sonno che l'acqua
nella vena dei fusti.
Non mi dite che il mare
è là dove mi penso un lento
deserto e scava la sete
una grotta e barche a riva
muove un ricordo di vento.
Fatue reti impigliano il sole
all'asciutto e il passero fuggito
alla mano del fanciullo
che a questo mattino somiglia.