Prends ma main

 

Tiens ma main créature aglyphe
Tu connais ni crocs ni griffes
Saisis la fermement, cette main
Ma sœur sans limite
Ma sœur au cœur pur
Ma sœur étincelante de bonté
Ma sœur
Ruisselante de générosité
C’est la main fraternelle
Cette main
C’est la main lourde de confiance
Ma main
La main à la poigne inlassable
La main tutélaire
Qui piétine
L’ire des tornades
Les rafales des railleries
L’amertume répandue

Pour toi
Je serai la pluie
La pluie qui écrase le feu
Je serai l’imprenable citadelle
Je serai la fourmi qui terrasse l’éléphant
Dans l’abîme de la peur
Où t’a enfermé l’autorité parentale
Je t’ouvrirai un angle du ciel
Et je te cueillerai des étoiles
Je serai encore et encore
Prométhée
Pour que ta lueur
Ne s’éteigne point
Même dans l’épaisseur grasse
Des nuits amères
Ta lumière poindra
Authentique Luciole d’Afrique

Prends ma main Cenirébé
Je ruinerai tes peurs
Impitoyablement
J’éventrerai tes manques de confiance
Résolument
Je déchirerai le voile qui te cloue
Dans l’anonymat
Immanquablement
Je forcerai ta croix au repos
Je crucifierai ta solitude
Sur cent bois de Golgotha

Tiens ma main ma sœur
Fermement
Energiquement
Agrippe-toi à cette main chaste
Arcboute-toi
Surtout ne regarde pas hier
Hier honteux de mille faiblesses
Hier honni
Par ton maintenant debout

Prends ma main ma soeur
Mon affection intarissable
Désaltérera tes soifs d’amour
Ma voix de braise chauffera
Tes solitudes affamées
Et sur mes épaules
Viendront reposer tes pleurs
Alors prends ma main Cenirébé
Cette main déterminée
Cette main immense
C’est la main de Dieu
C’est la main d’amour
C’est la main infinie